//Les nouveaux enjeux énergétiques au Burkina Faso : L’électricité renouvelable en perspective5 min de lecture

Les nouveaux enjeux énergétiques au Burkina Faso : L’électricité renouvelable en perspective5 min de lecture

Crise énergétique, hausse du prix des produits pétroliers, chute des indices boursiers, fermeture d’entreprises auréolée d’un chômage grandissant autant dans les pays riches que dans les pays en voie de développement.

La décennie 2000-2010 fut marquée par une crise économique et sociale qui a constitué une grosse entorse aux politiques de développement durable des Etats dans leur ensemble. Toutefois, la grosse équation pour la décennie 2010-2020 entamée demeure moins une question de développement pure et simple mais plutôt un développement dans la durabilité et la constance. Pour cela l’auto – suffisance en énergie semble être la difficulté à résoudre par tous les moyens. Au regard de bon nombre d’Etats, certains plus en avance que d’autres en ce qui concerne les énergies renouvelables, le BURKINA FASO, pour une fois présenterait un avantage significatif de par sa grande dotation en lumière naturelle qu’est le Soleil.

Les perspectives déjà mises en œuvre en matière d’énergies renouvelables au Burkina

A l’instar de nombreux Etats Africains, principalement Sahéliens, le « Pays des hommes intègres » éprouve de nombreuses difficultés à se fournir l’électricité nécessaire. En rappel, le Burkina importe près de 18% de son énergie auprès d’Etats voisins comme la Côte d’Ivoire et le Ghana qui sont dotés de Centrales hydroélectriques puissantes.

Au delà de la production nationale en électricité d’environ 127 MWH qui demeure essentiellement injectée dans le réseau de la SONABEL par un tableau général basse tension, le gouvernement Burkinabè semble avoir épousé l’alternative de la production électrique solaire notamment par la construction d’une centrale solaire de 20 MW par la Société d’exploitation minière d’Afrique de l’Ouest (SEMAFO) pour un coût de 60 milliards de FCFA. Représentant près de 10 % de la capacité de production nationale, cette centrale est placée sous le signe du partenariat public – privé avec une cession de parts dont 51 % pour SEMAFO et 49 % pour l’Etat.
Par ailleurs, la centrale photovoltaïque déjà fonctionnelle du Ministère de l’environnement et du développement durable apparaît aussi comme une concrétisation de la fructueuse collaboration entre le gouvernement de chine – Taïwan et ledit Ministère qui entend définir ses priorités en matière de changements climatiques et de développement durable. Une belle initiative qui réduit surtout la facture d’électricité du Ministère de l’environnement et propose une diversification de l’offre énergétique quand on sait que le Burkina Faso présente le prix du KWH le plus élevé de toute la sous – région Ouest Africaine (96 FCFA au minimum).

La nécessité des énergies alternatives au Burkina

En dehors de l’énergie éolienne et du biocarburant qui présentent beaucoup plus de contraintes et demandent une expertise technologique, le soleil offre gratuitement bien plus d’énergie que nous ne pourrons en épuiser.

La lutte contre la pauvreté et la préservation de l’environnement constituent un atout pour la promotion de cette énergie. Ce qui devrait interpeller pour une nouvelle approche de la question énergétique. Les installations solaires bien qu’ayant une durée de vie limitée (pour les plaques solaires) présentent des coûts moins excessifs que l’éolienne ou le biocarburant (par la culture du Jatrofa) dont les pays en développement ne disposent pas toujours de la technologie ni des moyens financiers pour des expérimentations. Les énergies alternatives sont devenues nécessaires en ce sens qu’elles représentent aujourd’hui une opportunité à saisir pour les Etats sahéliens pour l’amélioration des conditions de vie des populations (cas de l’électrification des services éducatifs et sanitaires, le pompage de l’eau potable…)

Les acteurs du secteur des énergies renouvelables (organismes, pme, pmi…)

Afin de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de santé des populations rurales, ce sont plusieurs organismes privés et des pme/pmi qui arrivent à développer avec succès l’utilisation de l’énergie solaire sur le territoire national. De toutes les 13 régions du pays, la région du centre est celle qui présente le plus d’intervenant dans le domaine des énergies alternatives.

Tableau synthétique des acteurs classés par type d’énergie et par région

Acteurs Statut Activités ménées Régions
CB – ENERGIE Promoteur privé Vent, installation et maintenance d’équipements solaires Boucle du Mouhoun
SOBUGAZ (Air – liquide) Promoteur Privé Fabrication de gaz comprimé Centre
OBEN – SOLAR Promoteur privé Vente d’équipements solaires Centre
CEAS ONG Importation et fabrication de technologie solaire Centre
OMA – SENISOT Promoteur privé Installation d’équipements Photo voltaïques Centre
SOLTECH Promoteur privé Vente d’équipements solaires Centre
ADIS – AMUS Association Installation de plaques solaires Centre Ouest
BOMBA TECHNO Promoteur Privé Fabrication de couveuses et de fours solaires Cascades
ETS KONATE MALAMINE Promoteur Privé Installation de plaques solaires Haut bassins
ASSOCIATION BELWET Association Production de Jatrofa Plateau central
SAHEL ENERGIE SOLAIRE Promoteur Privé Installation d’équipements solaires photo voltaïques Centre
SOLDEN Promoteur Privé Câblage et installation d’équipements photo voltaïques Hauts bassins
SOLEIL BURKINA Promoteur privé Activités de sensibilisation pour la promotion des équipements solaires Hauts bassins
TOMDJEMA Promoteur privé Construction de chauffe – eau, cuisinière et fours solaires Centre
TLE – NAFA Promoteur Privé Promotion de l’énergie solaire Hauts bassins
KK INTERNATIONAL Promoteur privé Installations de pompes et frigos solaires Centre
ISD BURKINA Promoteur privé Ventes d’équipements solaires Centre
BARY CYR PROSPERE Promoteur privé Réalisation et installation de Chauffe – eau solaires Centre

Le développement des énergies renouvelables constitue un enjeu majeur pour le Burkina Faso. Valorisées, ces énergies peuvent être un important levier de lutte contre la pauvreté contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité de vie et au développement durable. Si le Burkina semble avoir amorcé la marche vers une autosuffisance énergétique, son taux d’électrification demeure encore très faible (15%). L’émergence voulue par les autorités dans ce secteur reste à venir.

Robert SAWADOGO pour Burkinapmepmi.com