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Rosemonde Touré à l’épreuve de l’agro-industrie africain
21 janvier 2014
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Rosemonde Mariam Touré est titulaire d’un master en droit public international, option Diplomatie, obtenu en France.
Son entreprise, Rose Eclat, fondée en 1999, avec sept agents, au départ, en dispose plus de 80, à l’heure actuelle. Sans complexe, l’ancienne gérante de station-service, à Ouagadougou, affiliée à nombre d’organisations professionnelles et faîtières telles que la Maison de l’entreprise, la fédération des industries alimentaires burkinabè (Fiab), l’Interprofession Mangue, l’Apromavi, la Ptramab, affirme avoir les moyens de son ambition. Une ambition qui se résume, chez elle, à la foi et à l’accomplissement personnel. Interview…

Jeune industrielle appréciant le challenge, Rosemonde Touré, à l’Etat civil, Rosemonde Mariam Barry, a réussi à porter son pari dans un domaine où l’Afrique ne mène pas large : la transformation des produits agro-alimentaires. Et pourtant, en la matière, le continent étant- c’est un truisme de l’affirmer- un vaste gisement encore insuffisamment exploré.

Dotée d’une riche expérience acquise dans de nombreux stages de formation, projets, colloques, conférences, foires ou expositions nationaux et internationaux, tant en France, en Europe, qu’aux Etats-Unis, Rosemonde Mariam Touré est titulaire d’un master en droit public international, option Diplomatie, obtenu en France.

Son entreprise, Rose Eclat, fondée en 1999, avec sept agents, au départ, en dispose plus de 80, à l’heure actuelle. Sans complexe, l’ancienne gérante de station-service, à Ouagadougou, affiliée à nombre d’organisations professionnelles et faîtières telles que la Maison de l’entreprise, la fédération des industries alimentaires burkinabè (Fiab), l’Interprofession Mangue, l’Apromavi, la Ptramab, affirme avoir les moyens de son ambition. Une ambition qui se résume, chez elle, à la foi et à l’accomplissement personnel. Interview…

AIP : Chef d’entreprise, vous avez la particularité de faire dans un domaine où l’on rencontre très peu la gent féminine, la transformation des agro-alimentaires. D’où vous est-elle venue cette ambition ?

Mme R.M. Touré : Pour répondre directement à votre question, sachez que j’ai apprécié les produits séchés principalement la mangue séchée chez une amie chez qui j’en ai dégusté lors de mon séjour en Europe. Et, j’ai ainsi appris que les mangues que je dégustais provenaient de mon pays. J’ai « affectionné »(apprécié) le produit, et pris immédiatement les contacts avec elle. De retour dans mon pays, je me suis inscrite pour une formation en séchage et, par la suite, j’ai créé ma propre entreprise de transformation de produits agro-alimentaires.

AIP : N’avez-vous pas rencontré de blocages ou difficultés particulières, en raison de ce saut dans l’inconnu ?

Des difficultés, il y en a eu de tous ordres. D’une part, lorsque l’on veut s’installer à son compte et mon statut de femme et, d’autre part, le plus laborieux et le plus ardu, reste la question financière. En Afrique, en général, nous sommes issus de pays sous-développés où le financement n’est jamais acquis. Avec ma détermination, associée au soutien de ma famille, j’ai pu aller jusqu’au bout de mon ambition. Dieu soit loué !

AIP : Pourquoi les mangues séchées et pourquoi ne l’avoir pas étendu aux autres agrumes ?

Les mangues séchées, parce que c’est le produit qui m’a intéressé dans un premier temps, vu son originalité et son exclusivité. Chemin faisant, avec les sollicitations de certains partenaires, l’on a étendu le séchage à d’autres aliments. En dehors de la mangue, aujourd’hui, je sèche tout ce que notre pays regorge de fruits, mais aussi de légumes. De plus, en dehors du séchage, je vais aller vers la diversification de ma production, à savoir la fabrication de jus de fruits, de confitures ou certains concentrés de fruits ou de légumes. A propos de jus de fruits, j’ai eu à le faire pour l’ananas, parce que la situation s’y prêtait. En voulant sécher de l’ananas, je me suis rendue compte de l’abondance du jus qui en émanait lors de la découpe. Alors, j’ai compris qu’il y a avantage à en produire et je gagne doublement.

AIP : N’êtes-vous pas confrontée à quelques problèmes d’approvisionnement ?

Généralement, je transforme les produits de saison. Par conséquence, la matière première est, en général, abondante sur le marché. Faut-il l’indiquer, l’essence même du séchage, c’est la conservation, en vue de la consommation hors-saison.

AIP : Quelle est votre quantité de production et est-elle exclusivement réservée à l’exportation ?

Nous avons débuté, la première année, avec deux séchoirs pour une capacité d’à peine trois tonnes. Aujourd’hui, nous avons pu renforcer ma capacité à 17 séchoirs pour une production de plus de 25 tonnes. Dans un premier temps, le produit était destiné essentiellement à l’exportation. Mais, de plus en plus, au niveau local, le produit commence de s’impose par lui-même, vu son originalité, sa qualité et sa facilité à l’utiliser comme en-cas, notamment.

AIP : Précisément quelles sont les destinations vers lesquelles vous exportez ?

Nous exportons un peu partout. A 90%, vers l’Europe, au Pays-Bas, où nous avons les plus gros clients, l’Angleterre et la France. En Angleterre, à cause d’une forte population indoue qui en consomme beaucoup…

AIP : Et en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire voisin ?

C’est vrai que les ménages locaux ne savent pas encore consommer les produits agro-alimentaires transformés, mais la qualité de l’offre fait que le produit s’impose de lui-même à la consommation des ménages. En moment, nous sommes en train d’explorer également des marchés locaux et sous-régionaux, l’espace Uemoa/Cedeao notamment.

En Côte d’Ivoire, nous disposons déjà d’un marché, pas encore important, mais que nous œuvrons le densifier. Bientôt, nous serons à Abidjan, pour une mission d’exploration, dans le cadre de la promotion des produits burkinabé. Nous viendrons présenter notre gamme de production.

AIP : Est-ce dans le cadre du forum "Investir Côte d’Ivoire" qui se tient en janvier ?

Tout à fait ! Nous avons reçu une invitation dans ce cadre-là. Donc, nous serons, sauf impondérable, à Abidjan du 29 au 02 février pour exposer dans le cadre du forum "Investir Côte d’Ivoire 2014".

AIP : Avez-vous d’autres projets dans le domaine agro-alimentaire ?

Mais, bien sûr ! Nous sommes en train de renforcer notre verger pour nous lancer dans la commercialisation de la mangue fraîche et, nous avons d’autres idées...

Par Fousseni N’Guessan | Aip





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