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« Le but, c’est de faire germer une petite graine pour le futur » - Mme Larissa Kougblénou Siebens, promotrice du projet eLearning au Bénin
7 septembre 2015
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L’elearning est une initiative mise en place dans un cadre plus large dénommée « Youth to Youth (Des jeunes aux Jeunes » qui vise à engager, inspirer et donner du pouvoir aux jeunes pour générer de nouvelles idées pour le développement de leur pays. Mme Larissa Kougblénou Siebens faisant partie du groupe de jeunes cadres du Groupe de la Banque mondiale qui ont été primé par le « Fonds d’innovation pour la jeunesse ». Elle explique ici les tenants et les aboutissants de ce projet.

Pourquoi l’initiative e-learning au Bénin ?

Mme Larissa Kougblénou Siebens : Je suis une béninoise qui vit aux Etats Unis depuis des années, je discute souvent avec ma sœur sur internet et à travers les réseaux sociaux. Et j’ai remarqué que les jeunes béninois sont sur l’internet, déboursent de l’argent pour utiliser l’internet mais à quel fin ? Ils y vont pour utiliser les réseaux sociaux. J’ai pensé que, s’ils connaissaient le nombre de ressources pédagogiques disponibles sur l’internet, au lieu d’utiliser l’internet uniquement pour discuter, s’amuser pour leur plaisir, ils peuvent l’utiliser pour s’éduquer personnellement et pour aider leur famille parce qu’il y a beaucoup de formations en ligne. Vous n’avez pas besoin d’être à l’Université pour en jouir.

Quel est le but de votre projet ?

Ce projet consiste à accroître la sensibilisation des ressources pédagogiques disponibles sur l’internet qui sont créées par les grandes universités prestigieuses des Etats-Unis et de l’Europe. Le but, c’est de faire germer une petite graine pour que dans le futur, les universités béninoises peuvent à leur tour, produire leurs propres matières et les mettre sur internet. Pour qu’en retour, les personnes qui n’ont pas accès directement à l’éducation puissent jouir de ces cours qui sont en ligne.

Donc, à cet atelier, nous allons présenter une production qui est un peu révolutionnaire. Il s’agit d’un logiciel qui permet de prendre des cours en ligne et les mettre totalement hors ligne sans connexion. Ça c’est très important pour le Bénin, vous savez que tout le monde n’a pas accès à l’internet. Le potentiel de cette solution est de donner l’éducation à tous les niveaux (primaire, secondaire et universitaire) et à tous ceux qui désirent apprendre. C’est émouvant et je pense qu’on pourra aussi déployer cela ici un jour au Bénin.

Quel est alors l’intérêt de la Banque mondiale dans la mise en œuvre de ce projet ?

Nous faisons partie d’un groupe de jeunes ayant gagné le concours « Fonds d’innovation de la jeunesse » organisé par la Banque mondiale. Nous avons l’opportunité d’avoir le mentorat de la Banque mondiale qui porte le projet avec nous surtout sur le plan technique. On a réussit à collecter beaucoup plus de fonds parce qu’on en a parlé autour de nous, les directeurs et responsables de la banque mondiale, intéressés par notre projet, nous ont apporté leur appui financier pour organiser cet atelier d’information et de sensibilisation pour le futur.

A quand alors, la phase active du projet ?

En juin dernier, on a organisé des focus, des séances de travail et on a eu comme participants, des universités publiques et privées. Aujourd’hui, c’est l’activité de synthèse. Toutes les informations sont là. Tous ceux qui ont pris part à cette séance de travail vont nous présenter les solutions qu’ils ont trouvées à l’extérieur par rapport aux formations choisies ou retenues. Il s’agit des solutions en ligne, révolutionnaires qui permettent d’avoir ces ressources pédagogiques.

Au niveau du type de projet, il revient aux Etudiants et Professeurs invités ici de nous dire comment ils comptent mettre en œuvre cela. Car c’est avec leur aide que ce projet dans le futur pourra réussir. Par rapport à notre attente, avec toutes ces informations et connaissances qu’on va leur partager, il faut qu’ils retournent dans leur communauté et écoles et partager ces informations. Ainsi, on pourra avoir un mouvement de jeunes Professeurs et étudiants qui pourront eux aussi innover.

Puisqu’on parle de formation en ligne, Mooc qui se déroule à travers des outils qui sont évolutifs et dynamiques ; quelles sont les dispositions que vous prenez pour un renforcement de capacités à l’avenir ?

Pour le renforcement des capacités par rapport à ce qu’on va présenter, on ne voulait pas réinventer la houe ; il y a déjà des plateformes qui sont disponibles et qui amassent des ressources pédagogiques des universités multiples. Nous nous engageons au niveau de l’équipe à Washington de continuer à suivre l’évolution de l’informatique. Nous avons une page e-learning sur le site de la Banque mondiale et on va demander aux Professeurs et Etudiants s’ils découvrent des choses merveilleuses qui sont faites à l’africaine – parce que ça ne doit pas seulement venir de nous – on va définitivement les mettre sur le site pour que tout le monde puisse en jouir. (Propos recueillis : A. A.)

Pour promouvoir la formation en ligne


Explorer le potentiel de la formation en ligne au Bénin, échanger sur les besoins pouvant être comblés à travers l’utilisation des cours en ligne massifs et ouverts (Massive Open Online Courses, plus connu sous le signe anglais MOOC). Le projet eLearning Bénin, une belle initiative de jeunes cadres travaillant au sein du Groupe de la Banque mondiale – dont des béninois – et porté par une jeune béninoise de la diaspora Mme Larissa Koublenou Siebens, IT Analyst, Business Management, ITS (Information and Technology Solutions ).

La nouvelle dimension planétaire demande que les contenus et méthodes de l’enseignement s’adaptent à des publics aux cultures variées et parfois antagonistes. Dans cette perspective, les formations en ligne sont en train de séduire tous les continents ; d’autant qu’elles sont porteuses non seulement de rayonnement pour les universités, mais aussi de diffusion linguistiques et d’influence pour les Etats.

Pour les pays en voie de développement dont les universités sont confrontées à des problèmes de massification, d’insuffisance d’infrastructures, d’équipements et de ressources financiers, tels que le Bénin, le eLearning vient à point nommé. En suivant ce mouvement, le Bénin pourrait atteindre plus rapidement le droit universel à l’éducation.

Gagner du temps en s’éduquant sur l’internet


Le constat est là ! La jeunesse béninoise face aux Technologies de l’information et de la communication (Tic) ne se cultive pas assez mais plutôt s’évade. Avec la mise en place d’une plateforme multilingue donnant accès à plusieurs sites d’apprentissage en ligne, le projet « eLearning Bénin » permettra aux étudiants d’accéder à des cours en ligne pour préparer de bons diplômes. De plus, cette formation en ligne améliorera à coup sûr, leurs compétences et complètera leurs études par des formations spécialisées auprès des universités prestigieuses et de façon gratuite pour la plupart.

Il s’agira pour les Béninois (jeunes ou adultes) de saisir l’opportunité de ces nouvelles méthodes d’éducation qui sont déjà à la pointe de la pédagogie sur le plan international. Le eLearning au Bénin a pour objectif d’accroître le niveau de sensibilisation des professeurs et étudiants à la recherche des ressources pédagogiques disponibles en ligne à travers lesquelles la génération montante peut développer des compétences afin de faire face au marché de l’emploi partout dans le monde.

De beaux jours en perspective pour l’internet au Bénin


Plus d’inquiétude pour les défis liés à l’accès à l’internet, le Représentant résident par intérim de la Banque mondiale au Bénin, M. Boulel Touré, estime que la mise en œuvre du Projet eLearning Bénin va bénéficier des importantes réformes engagées récemment dans le secteur des télécommunications grâce au Projet e-Bénin, financé par la Banque mondiale et des nouveaux investissements dans la connectivité internationale dans le cadre du Projet d’appui au Programme régional d’infrastructures de communications de l’Afrique occidentale (WARCIP). De même, avec l’arrivée du câble ACE sur les côtes béninoises grâce au projet WARCIP financé par la Banque mondiale, il est attendu que le Bénin dispose d’une meilleure connectivité dans les jours à venir. Ce qui permettra une mise en œuvre réussie de ce nouveau projet.

L-integration



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