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Quand les prédateurs observent le langage corporel de leurs victimes…
8 janvier 2016
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...ces expériences et témoignages nous informeraient que les différentes catégories de prédateurs s’attaqueraient plus difficilement aux individus qui reflètent la confiance en soi.

Il n y a pas que dans la jungle que les prédateurs épient leurs proies. Qu’ils se noient au milieu de la communauté ou qu’ils soient tapis dans l’ombre, les prédateurs issus de la ville ou de la campagne s’intéressent eux aussi à la vulnérabilité de leurs victimes. Le thème abordé dans cet article se révèle très troublant. Les agresseurs, toute catégorie confondue, révèlent observer l’attitude non verbale de leurs futures victimes avant de passer à l’attaque.

Les signes non verbaux de vulnérabilité

Lors de témoignages émanant de différents délinquants, j’ai souvent noté que ces derniers faisaient état d’une sorte de sixième sens dans le choix de leurs victimes. Ici, nous ne parlerons pas de l’agresseur ou du tueur qui sélectionne sa proie en fonction d’un détail physique qui anime son agressivité, ni de l’auteur atteint d’une maladie psychiatrique. Le premier se concentre davantage sur une particularité qu’il recherche volontairement. Le second n’évalue ni la personne, ni la situation. Il attaque parce qu’il est en crise.

Ainsi, que ce soit des racketteurs, des harceleurs, des voleurs ou des violeurs, chacun établit un périmètre d’analyse qui lui est propre, selon qu’ils agressent seuls ou en groupes. Toutefois, ils mesurent la vulnérabilité d’une proie en observant quasi-systématiquement :

  • son isolement
  • ce qu’elle met en évidence (qui pourrait lui être volé)
  • les lieux

Les agresseurs qui agissent en bande montrent une observation spontanée, rapide et beaucoup moins analytique que l’agresseur isolé. Le lien du “gang” renforce leur assurance dans le passage à l’acte soudain.

Quant à l’agresseur solitaire, il va davantage évaluer les risques afin de ne pas être repéré par d’éventuels témoins. Puis, il va prendre le temps d’observer sa cible, la suivre, parfois pendant plusieurs jours. Ce type d’attaquant prend du plaisir durant cette phase de traque. Mais à la question : “pourquoi cette personne et pas une autre ?” il y a bien sûr une référence au contexte qui a semblé favorable à l’agresseur, comme l’isolement de la victime par exemple. Toutefois, il mentionne également cette attention toute particulière qu’il utilise dans sa phase de pistage. Ces prédateurs contemplent et évaluent le comportement défensif de la victime. Et pour cela, ils se concentrent sur le langage non verbal des personnes qui les entourent.

“Je sélectionne une victime à sa façon de marcher”

Outre l’isolement et le lieu, l’attitude corporelle est l’un des points qui revient très régulièrement dans le choix d’une victime. Qu’ils soient seuls ou en groupe, les prédateurs ont cette capacité d’analyse qui leur permet de distinguer la personne qui aura moins de capacité à se défendre qu’une autre. Et plus le prédateur est expérimenté dans ses passages à l’acte, plus il sera à même d’identifier une ancienne victime rien qu’à sa façon de marcher.

A ce titre, le Professeur Angela Book a mené une étude sur le sujet qui démontre qu’un individu psychopathe repère avec facilité la vulnérabilité en observant simplement une démarche. Pour la petite histoire, un groupe de psychopathes violents a été amené à visualiser plusieurs clips de quelques secondes. On y voyait des individus filmés de derrière en train de marcher dans un couloir. Certains d’entre eux avaient réellement été agressés dans leur passé. Il a été demandé aux psychopathes d’indiquer quelles sont les personnes qu’ils attaqueraient.

Tous ont sélectionné les personnes :

  • marchant à petits pas et de manière asynchrone
  • avec une démarche lente
  • ayant la tête baissée
  • qui ne font pas attention à leur environnement
  • recroquevillées sur elles-mêmes

De plus, tous les psychopathes interrogés un par un, ont reconnu les personnes ayant été victimes d’agressions dans leur passé. Là aussi leur analyse reposait sur l’attitude non verbale des gens qui se sont prêtés à ce test.

La pertinence de cette expérience menée par le Dr Angela Book me semble être en totale adéquation avec ce que les prédateurs m’ont raconté sur leurs modes opératoires. Cette phase d’observation du comportement non verbal a été régulièrement souligné par eux-mêmes. Ils ont également révélé qu’ils avaient eu conscience de cette capacité étant tout jeune. Ce diagnostic précis qu’ils pouvaient faire de leur entourage leur donnait un sentiment de domination et de puissance. D’autres disaient ne pas avoir eu conscience de cela au moment des faits, puisque cette aptitude était mise à leur disposition de façon naturelle et qu’ils utilisaient donc cette méthode en mode automatique.

Ainsi, ces expériences et témoignages nous informeraient que les différentes catégories de prédateurs s’attaqueraient plus difficilement aux individus qui reflètent la confiance en soi.

Rien n’est jamais systématique dans l’esprit humain, mais le constat qui revient donc très souvent c’est que ces personnes violentes, qui agissent seules ou en bandes :

choisissent leurs victimes par rapport à leur isolement et si ces dernières ont une démarche lente, asynchrone et qui ne portent pas attention à ce qui les entourent
sont capables d’identifier sans problèmes les personnes ayant été victimes, quelle que soit l’agression vécue. Selon eux, cela les rendraient encore plus vulnérables aux yeux d’un agresseur potentiel

Toutefois, il faut remettre chaque élément dans son contexte : si une attaque survient, cela prédisposerait à penser que la personne a adopté une mauvais attitude corporelle. Une victime ne doit jamais porter la responsabilité de son agression. Le seul responsable est et restera l’agresseur lui-même.

Je vous propose une petite vidéo sur la vulnérabilité à travers notre démarche. Bonne visualisation !

Sylvia Bréger
Criminologue | Conférencière | Correspondante scientifique GN

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