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Gestion de l’entreprise, l’ardente obligation de dépasser la seule approche comptable et financière
15 mars 2016
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Il serait illusoire et dangereux de réduire la gestion d’une entreprise à sa simple gestion comptable. Certes la comptabilité est un outil utile et obligatoire sur le plan fiscal, mais les informations qu’elle nous apporte sont très insuffisantes pour une gestion efficace et proactive de l’entreprise.

Les bases de la comptabilité :

La comptabilité enregistre l’ensemble des flux d’informations quantitatives concernant l’activité de l’entreprise. La plupart des opérations réalisées par l’entreprise se traduisent par des encaissements (exemple : les ventes….) ou des décaissements (exemples : les achats, les frais de personnel….). Cependant certaines opérations n’ont pas d’incidence sur la trésorerie, comme par exemple la dotation aux amortissements, relevant des charges calculées (et donc non décaissées).

Les enregistrements comptables reposent sur le principe de la partie double. C’est-à-dire que chaque événement se traduit par deux flux (un flux entrant dans l’entreprise et un flux sortant), d’égales intensités mais de sens opposé. Le flux entrant est appelé débit, le flux sortant crédit. L’égalité des flux se traduit en comptabilité par débit = crédit

- Exemple 1 : achat de matières premières (flux entrant : débit/charges), réglé en espèce (flux sortant de monnaie de la caisse/ actif du bilan : crédit).
- Exemple 2 : vente de marchandises (flux sortant : crédit/produits), règlement à 30 jours (flux entrant, la créance sur le client/actif du bilan : débit).
- Exemple 3 : achat à crédit d’un terrain (c’est un investissement, flux entrant : débit/actif du bilan), règlement à crédit (flux sortant : dettes aux fournisseurs/passif du bilan)

Comme pour chaque événement on a l’égalité débit = crédit, pour tous les événements globalement cette égalité est vérifiée. Somme des débits = Somme des crédits.

Certaines opérations ont une incidence directe sur le revenu de l’entreprise (c’est-à-dire le résultat de l’exercice, appelé encore profit), il s’agit des charges (exemple : les achats de matière première, les primes d’assurance, les frais de personnel …..Etc.) qui diminuent le revenu (exemple 1 ci-dessus) et des produits (chiffre d’affaires, produits financiers ….) qui au contraire augmentent ce revenu (exemple 2 ci-dessus). La synthèse des charges et des produits est faite dans le compte de résultat.

D’autres opérations n’ont pas d’incidence directe sur le revenu mais influencent le patrimoine de l’entreprise. Le patrimoine, ensemble de droits et d’obligations est synthétisé dans le compte de bilan. Ce patrimoine se traduit en droit par des droits de propriété sur les immobilisations (terrains, constructions, matériels,…) ou sur des stocks, des droits de créances (sur les clients, …) ou des disponibilités en banque ou dans la caisse. En comptabilité, c’est l’actif du bilan. Mais ce patrimoine peut être grevé par des dettes (capital, emprunt, dettes aux fournisseurs…). En droit il s’agit d’obligations, en comptabilité, c’est le passif du bilan. (Voir exemple 3 ci-dessus).

Le bilan donne une image instantanée de la situation patrimoniale de l’entreprise lorsqu’il est établi à la fin de l’exercice comptable. Le compte de résultat détermine le revenu de l’entreprise à partir de l’ensemble des flux de produits et de charges de l’exercice qui vient de se terminer (résultat = produits – charges, si les produits sont supérieurs aux charges, l’exercice dégage un profit, si au contraire les charges sont supérieures aux produits, il s’agit d’une perte).

Ce résultat est une valeur patrimoniale au bilan dont l’usage sera décidé par le conseil d’administration (distribution de tout ou partie sous forme de dividendes, la partie non distribuée constituant des réserves utilisées par exemple pour permettre à l’entreprise d’investir.

La comptabilité un outil de gestion imparfait et insuffisant

Elle permet notamment de savoir si l’entreprise gagne ou perd de l’argent (rentabilité), l’analyse des comptes sur plusieurs années nous permet d’apprécier comment évolue les ventes et la rentabilité par exemple. D’autres informations utiles à la gestion peuvent aussi appréciées à partir de la comptabilité, ce n’est pas l’objet de cet article. La gestion de l’entreprise suppose aussi de prendre en compte des informations qui ne sont pas fournis par la comptabilité.

Exemple : le chiffres d’affaires baisse depuis trois ans, pourquoi ?,

- le produit n’est plus adapté au marché : manque d’innovation…
- le prix est trop élevé par rapport aux prix pratiqués par la concurrence : notre système de production est obsolète et couteux….
- les vendeurs ne sont pas performants : manque de formation, d’outils de vente…
- la communication publicitaire est insuffisante ou mal adaptée à la cible visée….
- la distribution est mal adaptée : on n’est pas dans les points de vente où vont les clients…
- etc.……

Cet exemple très schématique nous montre que pour redresser la situation il faut faire un diagnostic de l’entreprise qui ne portera pas uniquement sur la situation financière, mais aussi un diagnostic (forces et faiblesses) de la politique de marketing, de la politique de recherche développement, de la politique des ressources humaines, de la politique de production ……Mais il faut aussi parfois prendre en compte des événements extérieurs à l’entreprise liés à son environnement économique ( ex : chômage, baisse ou augmentation du pouvoir d’achat des clients hausse ou baisse du prix des matières première…), son environnement socio -économique ( évolution favorable ou défavorable des comportements d’achat des consommateurs) ou encore son environnement politico-légal ( législation plus favorable ou moins favorable….). C’est-à-dire un ensemble de menaces et d’opportunités décelables dans cet environnement.

En s’appuyant sur ces forces et/ou en réduisant ses faiblesses l’entreprise peut développer une stratégie globale lui permettant de saisir les opportunités du marché.

En guise de conclusion, une nécessaire approche globale de l’entreprise par un spécialiste multi fonctions.

Seule une approche globale de l’entreprise mobilisant des outils de diagnostic adaptés pour passer au crible les différentes fonctions de l’entreprise (marketing, production, ressources humaine, finances…) permet d’aller vers les bonne solutions assurant le développement de l’entreprise. Il est évident que dans une PME le dirigeant ne peut pas « s’offrir » en interne toutes ces compétences.

Certes lui-même ou son principal collaborateur en maitrise sans aucun doute certaines mais celles qui leurs manquent sont peut être essentielles pour comprendre la situation de l’entreprise et apporter les solutions adaptées.

Par ailleurs le dirigeant dans une PME ne dispose pas, le plus souvent, du temps nécessaire pour se dégager des contingences de la gestion routinière de son entreprise. Ce manque de recul peut conduire à des catastrophes mettant en péril d’existence même de l’entreprise.

Il est donc indispensable que le dirigeant d’entreprise fasse régulièrement appel à des spécialistes rompus à cette approche globale de l’entreprise, capable de poser un diagnostic pertinent des causes de dysfonctionnement qui comme nous l’avons vu vont bien au-delà d’un constat comptable et aussi et surtout capable d’anticiper des problèmes qui inéluctablement vont surgir à un moment ou à un autre. A partir de ce diagnostic, le spécialiste peut formuler des plans d’actions en collaboration avec le dirigeant d’entreprise et que ce dernier mettra en œuvre dans son entreprise seul ou assisté par le spécialiste.

par Arnaud LEMOINE | lemoineconseil.fr



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