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Portrait : La découverte chez Kadi Jolie !
15 avril 2016
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La fête de la femme. Il n’y a pas si longtemps que nous l’avons célébrée. Toutefois, les réflexions de ce jour sont vite oubliées. Nous retournons rapidement à la vie quotidienne et à tout ce qui nous est familier. Mais pourquoi ne soutenons-nous pas les femmes dans notre vie de tous les jours ? Principalement les femmes, qui doivent être l’unique gagne-pain ? Elles ont des idées et des rêves et elles veulent s’occuper de leurs familles. Elles sont prêtes à travailler dur. Kadi nous l’a montré.

La fête de la femme. Il n’y a pas si longtemps que nous l’avons célébrée. Vous vous souvenez ? Dans le monde entier, il y avait des manifestations, des conférences, des festivités.

Oui, pendant cette journée internationale de la femme, mères, femmes, sœurs, filles, tantes, copines et leurs requêtes sont placées au cœur de l’action.

Au Burkina Faso, ce jour-là revêt encore une autre dimension : en 1984, l’ancien président Thomas Sankara a proclamé le 8 Mars comme jour férié national. Le jour est plongé dans une atmosphère festive et tamisée.

Les femmes Burkinabé ne devraient pas travailler, mais savourer leur propre jour. Toutes les femmes ? Certainement pas. La plupart travaillent comme les autres jours.

Dès cinq heures du matin, on peut trouver Kadi dans son kiosque « Chez Kadi Jolie » au Secteur 8 de Koudougou. Comme chaque jour de l’année.

De janvier à décembre, du lundi au dimanche, de cinq heures du matin à 22 heures le soir, la propriétaire salue chacun et chacune avec un sourire. Jamais une plainte ne s’échappe de ses lèvres.

La population de Koudougou est majoritairement divisée en deux : la division du genre se trouve partout, surtout dans les domaines du travail et des responsabilités.

Ainsi la femme est responsable de tenir le ménage, de cuisiner, de mettre au monde et d’éduquer les enfants. L’homme constitue le soutien de famille et doit gagner assez d’argent. En d’autres termes, l’homme met en place un cadre pour que la femme puisse remplir sa tâche.

L’objectif de cet article n’est pas de dévaluer les deux champs d’activité ou de les hiérarchiser. L’objectif de cet article est mettre en lumière la forte dépendance des femmes au salaire de leur mari. Mais qu’arrivera-t-il quand l’homme sera absent et que la femme restera seule avec ses enfants ?

Kadi nous le montre. Elle est celui et celle qui entretient la famille : d’un côté, elle cuisine et fait le ménage et s’occupe de ses deux filles (et bien sûr de sa clientèle). Et en même temps, elle doit gagner les revenus nécessaires. Elle travaille, pour financer l’éducation scolaire de ses deux filles. Elle travaille pour être capable de soutenir sa famille. Elle travaille pour remplir son rôle comme mère et comme l’unique gagne-pain. Les jours de la monoparentalité féminine sont longs.

Kadi – avec ses yeux rayonnants et son âme sereine – est généreuse. Elle donne le sentiment d’être une copine que l’on n’a pas vue depuis longtemps. Cette Kadi est l’incarnation d’une femme forte : elle s’est élevée dans la hiérarchie et est devenue la propriétaire d’une entreprise florissante à la force du poignet.

Depuis le début de cette année, elle peut se concentrer singulièrement sur son entreprise. Les clients affluent vers son kiosque à cause du vaste choix de plats proposés : des sandwichs au poisson et à l’avocat, des omelettes, du « riz sauce pâte d’arachide », du riz gras, de la soupe, des spaghettis, des yaourts, des gâteaux, du café au lait, du thé, du bissap, du zoom-koom. On peut continuer à l’infini.

Et bien sûr les clients viennent aussi pour bavarder un peu avec Kadi. Elle rit beaucoup, elle est toujours de bonne humeur. Si vous voulez savoir d’où elle tire cette énergie positive, demandez-lui ce qu’elle aime dans son travail. Elle vous répondra « Tout ! » et son visage apparaîtra comme rajeuni et rayonnant d’un nouvel éclat.

Elle aime bien cuisiner, créer un endroit d’une atmosphère agréable, s’entretenir avec ses clients. Après un moment de silence elle ajoute : « Je peux subvenir aux besoins de ma famille. ». Vous aurez compris !

La fête de la femme. Il n’y a pas si longtemps que nous l’avons célébrée. Toutefois, les réflexions de ce jour sont vite oubliées. Nous retournons rapidement à la vie quotidienne et à tout ce qui nous est familier. Mais pourquoi ne soutenons-nous pas les femmes dans notre vie de tous les jours ?

Principalement les femmes, qui doivent être l’unique gagne-pain ? Elles ont des idées et des rêves et elles veulent s’occuper de leurs familles. Elles sont prêtes à travailler dur. Kadi nous l’a montré.

Comme Thomas Sankara, celui qui a proclamé la fête de la femme comme jour férié, l’a dit « L’émancipation de la femme passe par son instruction et l’obtention d’un pouvoir économique ».

Retrouvez ici le travail de Kadi en photos (cliquer sur ce lien)

Josra Riecke, Stagiaire du SEDELAN
Koudougou-la-belle.org



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