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Le Faso Dan Fani, emblème du « Made in Burkina »
24 juin 2016
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« Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina, tissée au Burkina, cousue au Burkina pour habiller les Burkinabè. Ma délégation et moi-même sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne d’Europe ou d’Amérique. Je ne fais pas un défilé de mode, mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain ».

Héritage ancestral, le Faso Dan Fani, dit FDF, est un des marqueurs de l’identité culturelle burkinabè.

Mis au goût du jour par l’ancien président Thomas Sankara, porté par toutes les couches de la société, ce tissu pagne est en outre très prisé par les créateurs de mode.

Dans le sillage de Thomas Sankara

Dans un discours devenu célèbre prononcé le 29 juillet 1978 à Addis-Abeba (Ethiopie) lors du 25e sommet de l’Organisation de l’unité africaine (devenue Union africaine), le défunt président burkinabè Thomas Sankara avait invité ses pairs à promouvoir les produits africains sur le marché africain :

« Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons au lieu d’importer », avait-il lancé, avant de conclure :

« Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina, tissée au Burkina, cousue au Burkina pour habiller les Burkinabè.

Ma délégation et moi-même sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne d’Europe ou d’Amérique.

Je ne fais pas un défilé de mode, mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain ».

En l’espace de quelques minutes, le stock de tissu Faso Dan Fani (FDF) de la délégation avait été épuisé et il avait fallu commander du réassort en urgence.

Un précieux héritage

Près de 29 ans après, l’histoire semble se répéter : c’est en Faso Dan Fani que le président récemment élu, Roch Christian Kaboré, s’est présenté au dernier sommet de l’Union africaine qui s’est tenu du 30 au 31 janvier 2016 à Addis-Abeba.

Sur un cliché qui a fait le buzz sur le net (ci-dessus), son boubou marron, tout de blanc brodé, contraste avec les costumes à l’occidentale de ses homologues.

Un temps oublié, le Faso Dan Fani - ce qui veut dire en langue dioula « le pagne tissé de la Nation » - fait un retour en force depuis cinq ans, plébiscité autant par la classe politique, par les entrepreneurs que par les artistes.

A l’origine, le métier de tisserand au Burkina était exclusivement réservé aux hommes.

Selon l’historien Boubacar Sambaré, « ce sont les missionnaires de Notre Dame d’Afrique, des soeurs blanches, qui ont introduit le tissage féminin en créant un ouvroir en 1917.

Jusqu’à la fermeture de l’établissement en 1957, des jeunes filles y tissaient sur des métiers verticaux et les tapis haute-laine qui en sortaient, véritables produits de luxe, étaient essentiellement destinés aux Européens des colonies et de la métropole ».

« Ce n’est qu’après l’indépendance, autour des années 1967-1968, poursuit l’historien, que le métier à tisser horizontal est introduit en Haute-Volta.

La modernisation de l’outil de tissage permet désormais d’obtenir des bandes larges de de 30 à 40 cm contre 7 à 22 cm auparavant ».

Un savoir-faire qui s’exporte

Aujourd’hui, l’engouement pour le FDF booste l’activité des tisseuses, de plus en plus sollicitées. Fabricants de mode et couturiers – tels que Pathé Ouédraogo, Clara Lawson, Ymar, François 1er, Georges de Baziri, Prince Dessuti, Bazemse… – ne sont évidemment pas étrangers à ce succès.

Si bien que la notoriété du FDF dépasse à présent les frontières du pays.

Après une première édition réussie en 2015, l’Association des créateurs burkinabè de France (ACBF) prépare la deuxième session de La Nuit du Faso Dan Fani à Paris en juin prochain. « Reste cependant à affiner les fils pour faciliter la coupe, et à mieux organiser la filière du tissage afin que le tissu soit disponible en qualité et en quantité ; ce qui n’est pas le cas actuellement », observe le styliste Georges de Baziri (créateur des marques GX226 et Ymar Mode), un des organisateurs de l’événement.

Créations du styliste Georges de Baziri.

Par Joachim Vokouma | Signé par Divas



Vos réactions

  • Merci pour l’exemple et d’avoir rapeller le message si fort de Mr SANKARA : « Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons au lieu d’importer », avait-il lancé, avant de conclure.

    C’est ce que nous faisons à travers notre societe :
    http://www.bazinfrance.fr/

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