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Un jeune patron béninois s’attaque au marché de l’édition de logiciels en pharmacie
4 juillet 2016
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Régis Salako compte bien se démarquer de la concurrence en fournissant aux pharmacies d’Afrique des logiciels de gestion de stock simples d’utilisation.

A 28 ans, Régis Salako est déjà un entrepreneur expérimenté. Fondateur d’AS Pharm, une société spécialisée dans la conception de logiciels dédiés à la gestion de stocks et de commandes, il était déjà à la tête d’African Global Business Group, une société d’import-export créée en 2012, avant de fonder quelques années plus tard Sharon Business Solutions, qui avait pour vocation l’accompagnement des start-ups dans leurs projets informatiques. Passionné de finance, il est également vice président de Barry Partners Investment Club, une entité enregistrée à la Bourse régionale d’Abidjan (BRVM). Les enseignements qu’il a tirés de certaines des erreurs de gestion commises dans le cadre de ses nombreuses activités l’ont transformé en patron plus aguerri.

Issu d’une fratrie de 4 enfants, Hilarian Régis Oladjidé Adiwo Salako de son vrai nom, est né à Cotonou d’une mère infirmière et d’un père ayant exercé comme agent commercial. Enfant, il rêve de devenir homme d’affaires, ce qui l’amène plus tard à faire de l’ouvrage « Les 21 Secrets De La Réussite En Affaires », tiré du parcours du milliardaire nigérian Aliko Dangote, l’un de ses livres de chevet.

Titulaire d’un Bac scientifique obtenu en 2005, il réussit un concours organisé par l’Ecole nationale supérieure de sciences appliquées et de technologie (ENSSAT), une école dépendant de l’université de Rennes et ayant développé un partenariat avec l’université polytechnique internationale du Bénin, ce qui lui donne l’occasion de s’installer en Bretagne, dans la ville de Lannion, et d’y compléter son cursus estudiantin à partir de septembre 2008. Il en sort quatre ans plus tard diplômé d’un master informatique spécialité MIAGE (méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises).

Entre temps, Il effectue un stage de fin d’études à l’antenne de Cap Gemini, une entreprise de services numériques, expérience qui lui ouvre l’accès à un CDI dans un cabinet de taille plus modeste, ce qui lui permet d’ailleurs de mieux appréhender le stress lié aux difficultés d’insertion professionnelle. En tant que salarié, il ne se sent pas épanoui dans son travail et le fait d’avoir changé d’emploi à deux reprises n’y change rien. Il s’établit comme consultant en Business Intelligence à partir de décembre 2013, ce qui accroît son goût pour l’indépendance et le sentiment de liberté, deux qualités essentielles sur lesquelles s’appuient généralement les personnes qui souhaitent créer une entreprise.

Lors d’un séjour au Congo-Brazzaville, il rencontre un pharmacien qui se plaint à lui de l’obsolescence technique, de la complexité d’utilisation de son logiciel de gestion de stock et d’un service après-vente inexistant. Lui vient alors l’idée de réaliser une étude de marché plus complète dans les pays d’Afrique francophone subsaharienne. Grâce aux données récoltées lors de cette enquête, il conçoit et peaufine son propre éditeur de logiciels, bien plus adapté aux réalités africaines et de facto propulsé en concurrence directe avec des géants du secteur tels que Sage, Salesforces, Pharmagest, Cegedim ou Winpharma.

« Mes concurrents proposent des logiciels de gestion extrêmement élaborés », concède l’entrepreneur. « Mais ils n’ont pas su identifier les besoins réels et cerner convenablement les attentes des officines africaines ».

Ses rencontres avec de nombreux professionnels de la santé, particulièrement dans le secteur pharmaceutique, lui font prendre conscience qu’il existe un marché à exploiter, représentant près de 3 300 officines cibles rien que dans la zone géographique regroupant le Bénin, le Togo, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso et le Niger, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s’associe donc à Sidick Aboudou, un ami rencontré sur les bancs de l’université lui-même ingénieur en logiciels et systèmes informatiques, et cofonde avec lui AS Pharm en mars 2016.

Les premières difficultés sont d’ordre commercial. Malgré des fonctionnalités qui séduisent de nombreux pharmaciens lors des séances de démonstration du logiciel, les prix restent hors de portée pour la majorité d’entre eux. Pour faire face à cette problématique, Régis Salako, d’un commun accord avec Sidick Aboudou, décide d’accorder aux clients des facilités de paiement. L’une de ses plus grandes fiertés est sans doute d’avoir signé un partenariat avec Ubipharm, un réseau de distribution de médicaments couvrant 11 pays d’Afrique subsaharienne francophone, un accès privilégié pour la jeune société qui souhaite faire connaître ses produits « made in Africa ».

Conforté par la viabilité de son projet, Régis Salako envisage désormais l’ouverture du capital d’AS Pharm à des investisseurs pour agrandir son parc de bureaux et déployer son activité dans des pays émergents et sur des marchés dits « frontières » tels que le Nigéria, le Ghana et le Rwanda.

Forbesafrique.com/

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