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" Notre leitmotiv au niveau du ministère est de travailler pour que le potentiel des TIC serve au développement de notre pays " - Aminata Sana née Congo, Ministre du Développement de l’Economie numérique et des Postes du Burkina Faso
1er septembre 2016
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Nous envisageons donc de mettre en œuvre des actions et programmes permettant aux jeunes de s’approprier les TIC pour s’affranchir du chômage. Vous savez, notre pays n’a pas d’importantes ressources, et son développement ne peut être efficacement assuré sans les TIC : investir dans le numérique, c’est investir dans l’avenir... Les jeunes primés bénéficieront d’un accompagnement sous forme d’incubation et, à terme, pourront créer leur propre entreprise.

« Une véritable transformation numérique de l’économie »

Aminata Sana née Congo, ministre du Développement de l’Economie numérique et des Postes, annonce le début de la construction d’infrastructures visant à donner à l’ensemble de la population l’accès à des services de communication électronique de qualité.

Lors de votre installation, vous indiquiez vouloir « insuffler un leadership de notre jeunesse dans l’appropriation des outils qui mettront notre pays dans le lot des pays émergents »...

Le Burkina Faso a une population majoritairement jeune. Et l’un des engagements du président Kaboré est de lutter contre le chômage en créant des emplois pour cette jeunesse. Les Technologies de l’information et de la communication (TIC) constituent aujourd’hui un grand réservoir d’emplois et d’auto-employabilité au regard de leurs énormes potentialités. Nous envisageons donc de mettre en œuvre des actions et programmes permettant aux jeunes de s’approprier les TIC pour s’affranchir du chômage. Le Ministère du Développement de l’Economie numérique et des Postes a lancé depuis l’année dernière un concours de détection de jeunes talents dénommé Génie-TIC. Les jeunes primés bénéficieront d’un accompagnement sous forme d’incubation et, à terme, pourront créer leur propre entreprise. D’autres compétitions dans le cadre de la Semaine nationale de l’Internet (SNI) nous donnent l’occasion d’encourager les jeunes à s’approprier les TIC. Vous savez, notre pays n’a pas d’importantes ressources, et son développement ne peut être efficacement assuré sans les TIC : investir dans le numérique, c’est investir dans l’avenir...

Beaucoup de Burkinabè considèrent pourtant Internet comme un luxe à cause du retard qu’accuse la mise en place des infrastructures nécessaires. Comment allez-vous rattraper ce retard pour briser cette idée ?

L’année 2016 est celle qui marquera, au plan de la visibilité, l’amorce d’une véritable transformation numérique de notre économie, et cela au terme de 5 années au cours desquelles l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème des TIC de notre pays engagera de profondes réformes structurelles pour réaliser l’ambition affichée du chef de l’État, inscrite en lettres d’or dans son programme : permettre l’accès de l’ensemble de la population à des services de communication électronique de qualité. Cette volonté a été réaffirmée dans la Déclaration de politique générale de SEM le Premier ministre. C’est donc dire que la problématique est au cœur de nos actions au niveau du gouvernement. Des dispositions sont en train d’être développées pour démarrer la construction d’un certain nombre d’infrastructures visant à améliorer les indicateurs d’accessibilité de la population aux services de communication électronique : construction de la fibre optique Ouaga-Manga-Pô jusqu’à la frontière du Ghana avec la bretelle de Bagré Pôle, le projet Technopole TIC de Ouagadougou et la mise en place au cours de cette année 2016 de l’infrastructure G-Cloud qui va permettre à l’administration publique et les entreprises privées de rentabiliser au maximum leurs investissements et à limiter les coûts d’exploitation . Nous avons aussi le projet BKF 021 qui contribuera à l’essor d’une économie numérique en facilitant notamment la mise en œuvre des cyber-stratégies sectorielles avec notamment le renforcement de la connectivité nationale et internationale ainsi que l’offre de services électroniques. Nous sommes également en train de tout mettre en œuvre pour le démarrage effectif de la construction du Backbone national de 5 400 km d’ici la fin de l’année. L’aboutissement de tous ces projets va démocratiser encore l’accès à Internet. En plus de l’engagement du gouvernement, tous ces chantiers ont été soutenus et complétés par des acteurs du secteur privé qui ont joué un rôle déterminant dans le développement du secteur : les importants investissements qu’ils ont consentis pour moderniser leurs réseaux et accroître leurs offres de service ont incontestablement dynamisé l’économie Burkinabè, et grâce à cela l’accès à la téléphonie mobile ainsi qu’à Internet mobile n’est plus vraiment un luxe. Mais dans notre marche vers la société de l’information, nous sommes conscients du fait qu’il nous faut accélérer la réalisation des infrastructures pour rattraper le retard accusé. Et notre leitmotiv au niveau du ministère est de travailler pour que le potentiel des TIC serve au développement de notre pays.

Propos recueillis par Anne-Sophie Lallemant

Interview du Ministre du Développement de l’Economie numérique et des Postes, Mme Sana née Congo Aminata, parue dans le numéro de Marchés Africains consacré au Burkina Faso.

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