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Comment mettre les Renseignements Généraux au service de l’Economie en Afrique ? » (2 sur 4)
19 avril 2017
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Faisant suite à la thématique sur « Comment mettre les Renseignements Généraux au service de l’Economie en Afrique ? » pour laquelle nous vous avons présenté le premier numéro le week end dernier, nous irons dans cet épisode sur l’état des lieux du Renseignement numérique en Afrique et au Bénin. Notons que cet billet vous est offert par L’Ecole Internationale de Détective et de Stratégie (E.I.D.S)

Quel est alors l’état des lieux du Renseignement numérique en Afrique et au Bénin ?

Le développement des nouvelles technologies et le boom du numérique semblent avoir été l’occasion d’une accélération et d’une généralisation de la surveillance. Des données personnelles et des communications que ce soit par téléphone ou sur internet sont interceptées, analysées et exploitées par des personnes, des Entreprises, certains Etats sans qu’on ne le sache.

Selon le document, intitulé « Renseignements Généraux », et extrait de l’encyclopédie de la sécurité informatique « assiste » de Pierre Pinard, En 101 ans soit 4 générations d’existence des Renseignements Généraux (RG), de 1907 à 2008, le travail des 4130 fonctionnaires (chiffres 2007 selon Wikipédia) que constituait la ressource humaine mise à disposition pour cette tâche n’aura réussi à produire que 2,5 millions de fiches sur quelques lignes portant sur très peu de personnes. S’ils ont rédigé 2,5 millions de fiches en 101 ans, cela donne une productivité de 2 500 000 / (101 * 365 * 4130) soit à peine plus de : 0,01 fiche par jour et par » espion « , sur autorisation de justice.

« 1 milliard de fiches de plusieurs dizaines à centaines de lignes par jour et par » espion « , sans aucune autorisation. »

Toujours Selon le même document, sur le Web, il a environ 1 milliard d’internautes connectés chaque jour (chiffre de 2013). Il y a aussi plusieurs milliers de sociétés et officines qui pratiquent exactement la même chose que les RG, en temps réel et silencieusement. Au moins 150 de ces sociétés et officines sont, chaque jour, sur le dos de chaque internaute, en train de l’espionner.

- Pierre Pinard affirme à juste titre que : « en 2 minutes, 50 serveurs (50 sociétés) ont reçu et stocké des données sur moi et sur ma navigation (mes centres d’intérêt – mon profil) sans jamais en avoir reçu l’autorisation ! »

Entre les deux types de Renseignements le penchant semble être du côté du web. On comprend alors mieux pourquoi les États Occidentaux et les opérateurs, Google en tête, œuvrent pour que la totalité de la population mondiale soit connectée le plus rapidement possible et pour que tout et n’importe quoi soit connecté en permanence.

« Il est tellement rapide de pénétrer, collecter et analyser tout ce qui est numérique. D’où tout l’enjeu des Big Data » .

Les Big Data, donc, sont la matière première de l’économie numérique. Ce sont les données que recueillent les entreprises high-tech chaque fois que vous vous manifestez sur le Net, que vous utilisez votre carte de fidélité dans un commerce, que vous appuyez sur la touche « j’aime » de Facebook, que vous faites une recherche sur Google, que vous visualiser une vidéo sur Youtube. De l’information à l’état pur, qui peut ensuite être traitée, recyclée, exploitée, revendue. Une source de revenus à la croissance exponentielle. C’est l’énergie du XXIe siècle.

Du côté de la téléphonie, les écoutes deviennent monnaie courante de nos jours. Elles sont prouvées par les affaires NSA : les scandales des écoutes américaines, de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel etc… Des écoutes judiciaires, aux écoutes illégales en passant par les écoutes administratives et les écoutes provenant des agences telles que les CIA et NSA, tous les moyens sont bons pour surveiller l’autre.

Qu’en est-il en Afrique

Le continent africain dans son ensemble semble être à la traîne dans l’appropriation et l’utilisation de ces genres d’outils pour constituer et exploiter des renseignements importants à cause de nombreuses fractures numériques encore existantes. Quelque 22% (chiffres de 2017) de la population d’Afrique subsaharienne a accès à internet, selon la Banque mondiale, soit un des taux les plus faibles au monde (moyenne mondiale de 44%). Plus de la moitié des 2 millions de site internet africains proviennent d’Afrique du Sud, l’économie numéro un du continent, estime Lucky Masisela, directeur de la société ZA Central Registry.
Par ailleurs, on peut aussi affirmer que l’utilisation du renseignement numérique en Afrique est faible notamment dans les milieux des services d’Etat qui en ont la prérogative.

Mais pour les milieux économiques, ça va très vite en dépit des problèmes structurels qui existent sur le Continent dans ce domaine.

La situation de la lente appropriation du domaine du numérique pour son exploitation plus accrue en terme de renseignement peut être expliquée par entre autres, le volume des données, la méconnaissance du domaine, le mauvais diagnostic des besoins de collecte, l’absence de ressources compétentes pour faire le travail, la facilité et l’obscurantisme, la peur de l’inconnu…

Et au Bénin ?

Le Bénin comme les autres pays de l’Afrique n’utilise pas abondamment l’Internet pour plusieurs raisons. En 2015, selon le rapport statistique de l’ARCEP, la télédensité Internet est de 20,8%. Un chiffre qui reflète celui de l’Afrique mais très loin de la moyenne mondiale. Par ailleurs, le ministère de l’Economie Numérique qui a vu le jour à l’avènement du nouveau gouvernement, compte réduire les fractures numériques par des projets de développements des infrastructures de TIC et extension de réseaux de téléphonie mobile.

En ce qui concerne l’exploitation des données numériques pour avoir une économie prospère, aucun plan concret n’est encore révélé. Le Programme d’action du gouvernement est resté quelque peu évasif sur le sujet.

En effet, à la lecture de cet ambitieux programme, on n’y recense que six (06) projets phares dont : le déploiement de l’Internet haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire, la transition vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT), la mise en œuvre de l’Administration Intelligente (Smart Gouv), la généralisation de l’usage du ecommerce, la généralisation de l’usage du numérique dans le secteur de 11 l’éducation et de la formation, la promotion et développement de contenus numériques.

Tout laisse croire que le développement du secteur numérique qu’on envisage n’a aucun rapport avec le secteur sensible des Renseignements. Le PAG dans son ensemble est resté aussi évasif sur l’appropriation du numérique dans le domaine des renseignements généraux.

Tout ce qu’on sait est que le gouvernement sur les prochaines années envisage équiper les services de renseignement et de lutte contre le terrorisme et la radicalisation. Peut-être que ce relatif silence des projets d’envergure dans le domaine satisfait à l’exigence de réserve qui doit être de mise dans le secteur du renseignement. Le paradoxe c’est que le besoin est là. Mais les services préfèrent rester dans le manuel. C’est par exemple le défaut de connexion entre les services de police et bien d’autres encore.

Une interconnexion entre les différentes unités constituerait déjà un moyen de fluidité d’information, de partage et d’enrichissement des informations en vue de disposer de renseignements actualisés pour l’Autorité. Mais la faiblesse d’utilisation de l’Internet et les problèmes du secteur TIC ne doivent pas être des motifs pour trainer les pas dans le cadre de la mise en place d’une législation en faveur du renseignement numérique. Car, le renseignement numérique a un avantage comparatif sûr sur le renseignement humain. (A suivre)

- Lire aussi : Comment mettre les Renseignements Généraux au service de l’Economie en Afrique ? (1 sur 4)

Par
André ADAISSO
beninwebtv.com/2



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