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" Notre premier rôle consiste en la facilitation des démarches administratives des investisseurs " Moussa Ismaïla Touré, DG de l’Agence de Promotion des Investissement du Mali
25 mai 2017
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Après le succès retentissant de l’organisation du Sommet Afrique-France de janvier dernier, nous voulons confirmer que la vie a repris son cours normal. Nous voudrions que ce Forum “Investir au Mali” soit celui de la diaspora, qui est très active dans leurs pays d’accueil et dans des métiers parfois pointus. Nous souhaitons montrer cette puissance de la diaspora et lui faciliter les conditions de l’investissement dans son pays d’origine.

Le Directeur Général de l’Agence pour la Promotion des Investissements au Mali, (API-Mali) est l’un de ces jeunes talents issus de la diaspora pour se mettre au service de leur pays

Comment réussir à promouvoir le Mali aujourd’hui ?

La crise que le Mali a traversée depuis 2012 a eu un impact terrible sur son image sur tous les plans. Aujourd’hui encore lorsqu’on cherche “Mali” sur Google, les premières images qu’on voit ce sont des chars, des images de guerre. C’est donc une question de perception. Mais les opportunités au Mali sont toujours là. Je dirais que la crise a même paradoxalement amélioré ces opportunités là. Le Mali est classé comme “un pays à risque”, ce qui signifie, pour les investisseurs, potentiellement des retours sur investissement plus importants et donc une destination beaucoup plus profitable et rentable. C’est ce qu’on appelle “le gain du pionnier”. Lorsqu’on est pionnier sur un territoire, on engrange en général beaucoup plus de profits que ceux qui vont suivre. C’est donc le bon moment pour venir au Mali.

L’agriculture et les mines apparaissent comme les secteurs stratégiques de l’économie malienne…

Ces deux piliers de l’économie malienne font partie de nos quatre secteurs prioritaires. L’agriculture qui est la priorité des priorités avec 15% du budget national qui lui sont consacrés depuis 2015. Les mines sont également stratégiques, avec une production moyenne de 50 tonnes d’or par an.

“L’agriculture est la priorité des priorités avec 15% du budget national Les mines sont également stratégiques, avec une production moyenne de 50 tonnes d’or par an”

Mais, aujourd’hui, nous nous orientons vers la diversification du secteur minier, qui ne pourra cependant pas se faire réellement sans le retour de la paix. D’importantes ressources minières sont localisées dans le Nord du pays : pétrole, phosphate etc. La paix est donc indispensable.

Quels sont vos autres secteurs prioritaires ?

L’énergie est aujourd’hui indispensable au Mali et notamment les énergies renouvelables particulièrement le solaire. Le Mali est d’ailleurs pionnier dans ce domaine dans la sous-région.

“Le troisième secteur prioritaire, c’est celui des infrastructures (routes et ponts) qui sont plus des projets d’Etat que nous voulons financer à travers le Partenariat Public-Privé”

Le troisième secteur prioritaire, c’est celui des infrastructures (routes et ponts) qui sont plus des projets d’Etat que nous voulons financer à travers le Partenariat Public-Privé. La nouvelle loi qui a été adoptée en décembre 2016 va nous permettre d’aller dans ce sens. Le dernier secteur, c’est celui de l’élevage. Détenant le premier cheptel de la sous-région, le Mali exporte 95% de son bétail sur pied de la région. Nous avons donc l’opportunité de créer de la valeur ajoutée dans cette filière à l’image du premier abattoir moderne ouvert à Kayes pour la société LAHAM Industrie. Nous souhaitons voir 10, 15 ou 20 abattoirs de ce type au Mali.

Quels sont les investisseurs étrangers les plus attentifs ?

Il y a d’abord les “investisseurs historiques”, parmi lesquels les entreprises françaises figurent en très bonne place. Ces dernières années, les Chinois sont très actifs, particulièrement dans les infrastructures et un peu dans l’agriculture. Mais nous avons de nouveaux acteurs qui s’intéressent de plus en plus au Mali : l’Inde, les pays du Maghreb comme le Maroc, l’Algérie ou encore les pays du Moyen-Orient qui prospectent ou que nous prospectons de plus en plus.

Quel soutien leur apporte l’API-Mali ?

Notre premier rôle consiste en la facilitation des démarches administratives des investisseurs.. Avec la création – au sein de l’API-Mali – du Guichet Unique, qui s’occupe de la création d’entreprises, de la délivrance des autorisations d’exercice pour les métiers réglementés et de l’agrément des projets au Code des Investissements. Notre Code de 2012 est déjà très attractif. Cependant, nous travaillons sur un projet de relecture pour l’améliorer, faciliter son application et prendre en compte certains secteurs prioritaires. Le nouveau code permettra ainsi de réduire le délai d’obtention de l’agrément qui se situe dans les faits entre 45 et 60 jours en moyenne.

“Nous voulons développer le service « After care » pour continuer à accompagner l’investisseur après le démarrage de ses activités”

Nous voulons également développer le service “After care” pour continuer à accompagner l’investisseur après le démarrage de ses activités. Enfin, nous ambitionnons de permettre à tout potentiel investisseur d’accéder aux informations sur ses centres d’intérêt avant de se déplacer vers le Mali. Pour ce faire, nous continuons à enrichir notre site internet

Quel est l’objectif du Forum que vous organisez fin 2017 à Bamako ?

Après le succès retentissant de l’organisation du Sommet Afrique-France de janvier dernier, nous voulons confirmer que la vie a repris son cours normal. Nous voudrions que ce Forum “Investir au Mali” soit celui de la diaspora, qui est très active dans leurs pays d’accueil et dans des métiers parfois pointus. Nous souhaitons montrer cette puissance de la diaspora et lui faciliter les conditions de l’investissement dans son pays d’origine.

“Les investisseurs qu’ils sont surpris lorsqu’ils arrivent au Mali par rapport à la perception qu’on peut en avoir de loin. J’ai vécu la même chose”

Les investisseurs connaissent bien la réalité. Je rencontre des gens ouverts et qui sont à la recherche d’opportunités, malgré le contexte sécuritaire du Mali. Je suis convaincu qu’ils sont surpris lorsqu’ils arrivent au Mali par rapport à la perception qu’on peut en avoir de loin. J’ai vécu la même chose. Lors de la crise en 2012, ma famille était là tandis que j’étais encore en dehors du Mali. Tous les jours, je stressais mon épouse alors qu’elle me disait que la vie continuait là bas. Le but est donc d’inviter les gens à venir constater que la réalité est loin de ce qu’ils peuvent imaginer.

Niarela.net/ avec Lenouveleconomiste



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