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Le nouveau président de la Fed devra savoir convaincre
1er février 2018
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Après un mandat de quatre ans, Janet Yellen tire sa révérence à la tête de la Fed. Nommé par Donald Trump, le républicain modéré Jay Powell prend les rênes le 1er février. L’analyse de Steve Friedman, de BNP Paribas, ancien de la Fed.

Steve Friedman, stratégiste chez BNP Paribas Asset Management, a travaillé par le passé à la Fed de New York.

Quels défis va devoir relever Jay Powell ?

Contrairement à Janet Yellen, ce n’est pas un universitaire. Certes, en tant que banquier, il a une expérience de terrain. Mais depuis qu’il siège à la Banque centrale (2012), au conseil des gouverneurs, l’inflation est restée faible, la période a été stable. Janet Yellen a lancé la stratégie pour réduire le bilan de la Fed (qui a gonflé avec la politique de rachat massif d’obligations, NDLR). Cette stratégie est quasiment en pilotage automatique. Jay Powell n’a pas encore été éprouvé. On ne sait pas comment il pourrait réagir si l’économie américaine opère un virage. Janet Yellen, spécialiste du marché de l’emploi, a su convaincre le comité de politique monétaire de la fragilité de la reprise, et qu’il fallait être patient. Un président de la Fed doit savoir être convaincant.

Justement, pensez-vous que l’économie américaine est à un tournant ? Risque-t-elle la surchauffe ?

L’économie est à un tournant. Alors qu’il y a un important stimulus fiscal et le plein-emploi, la Fed devrait être plus agressive. Pour autant, l’économie n’est pas encore en surchauffe. Selon moi, la surchauffe survient quand l’inflation monte vraiment. On n’en est pas encore là. Les entreprises ont du mal à trouver des employés qualifiés. Je pense que la baisse des taxes finira par se convertir en partie en hausses de salaires et en primes.

Craignez-vous pour l’indépendance de la Fed ?

C’est un point qu’il va falloir surveiller. L’administration sera tentée de peser sur la Banque centrale, peut-être pas tout de suite. Il reste trois sièges à pourvoir au conseil des gouverneurs, dont celui de vice-président. Il se dit qu’il pourrait être désigné fin février, mais Donald Trump n’est pas soumis à une échéance précise pour cette nomination.

Fabrice Nodé-Langlois | Lefigaro.fr



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