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Félix Sanon, chef de projet AFRICALLIA 2018 : "93% des participants satisfaits..."
28 février 2018
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Le 5e Forum ouest-africain de développement des entreprises (AFRICALLIA), s’est tenue du 21 au 23 février 2018, avec une participation-record de 660 hommes d’affaires. Dans cette interview qu’il nous a accordée hier mardi 27 février, le chef du projet, Félix Sanon, dresse le bilan de cette édition qu’il trouve « très satisfaisant ».

Au terme de cette 5e édition du Forum AFRICALLIA, quel bilan tirez-vous, surtout en termes de satisfaction des participants ?

Le forum AFRICALLIA 2018 est l’une des meilleures éditions que nous n’ayons jamais organsinée. Le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a assisté pour la première fois à la cérémonie d’ouverture du Forum AFRICALLIA et cela a beaucoup honoré la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso. De plus, nous avons battu le record de participation au Forum, parce que la plus forte participation avait été enregistrée jusque-là, à l’édition de 2014 avec 608 participants. Pour cette édition, au final, nous avons dépassé 700 participants. De l’évaluation que nous avons faite, il ressort que 93% des participants sont globalement satisfaits du Forum, aussi bien de l’organisation que des rencontres B to B qu’ils ont pu avoir pendant cette édition. Le point des rendez-vous B to B que nous avons fait, donne près de 8000 rencontres dont plus de 6 164 rendez-vous formels et plus de 1 300 rencontres informelles. Bien entendu, il y a eu d’autres rencontres lors des pauses-café, cocktails et déjeuners et c’est pendant ces rencontres informelles qu’on fait les meilleures affaires. Le bilan est très satisfaisant. La Chambre de commerce a reçu des félicitations de participants mais également de non- participants à travers des messages et des mails. Nous pouvons dire que de façon globale, le Forum AFRICALLIA 2018 a été un grand succès.

AFRICALLIA 2018 a battu tous les records. A quoi devez-vous ce succès ?

Déjà, le Forum est à sa 5e édition. Depuis 2010, nous l’organisons et en raison de la qualité et du professionnalisme de son organisation, aujourd’hui, il est connu et reconnu à travers le monde entier. Tous ceux qui y participent savent que s’ils viennent au Burkina Faso, ils feront de bonnes affaires. Aujourd’hui, la notoriété du Forum n’est plus à démontrer et mêmes ceux qui étaient sceptiques au départ, reconnaissent que AFRICALLIA est bien organisé.

Pensez-vous que les innovations comme la diminution des frais de participation des jeunes et des femmes y sont pour quelque chose dans ce succès ?

Il faut rappeler que nous avons fait un traitement spécial et différencié pour les femmes et les jeunes chefs d’entreprise de moins de 35 ans de 200 000 F CFA. L’autre innovation c’est que nous avons mis un accent particulier sur les opportunités d’investissement en Afrique de l’Ouest. Nous avons donc invité les différentes Agences de promotion des investissements (API) des pays de l’UEMOA, pour qu’elles viennent présenter les opportunités d’investissement dans leur pays respectif et les grands projets structurants de leur nation. Nous leur avons également donné des stands, pour qu’après la conférence thématique, les investisseurs qui sont intéressés puissent recueillir le maximum d’informations sur les opportunités dans les différents pays.

Quelles ont été les difficultés majeures qui ont émaillé l’organisation de cette édition ?

C’est sûr que les difficultés n’ont pas manqué. La première est liée à la conséquence du nombre de participants. Le fait que nous ayons eu près de 700 participants a révélé les insuffisances de notre pays en termes de capacités logistiques. Sur le site, nous avons été obligés d’utiliser de petites salles pour des rencontres B to B ; ce qui n’a pas facilité l’organisation, parce que certaines entreprises avaient du mal à retrouver les salles dans lesquelles elles devaient avoir leurs rencontres B to B. Il faudra donc qu’on réfléchisse pour qu’aux prochaines éditions, on puisse trouver des solutions.

Le Burkina Faso, pays organisateur, a enregistré 280 participants. Ce nombre vous semble-t-il important au regard du potentiel national ?

Certes, 280 entreprises burkinabè ont participé au Forum en 2018, mais il y a toujours de nombreuses entreprises qui ne s’intéressent pas à AFRICALLIA, or le forum se passe chez nous. Je pense que c’est une erreur parce que ce forum leur permet, en étant à Ouaga, de rencontrer une masse critique d’entreprises qui viennent du monde entier. Les entreprises de la sous-région ne paient que 260 000 F CFA pour y participer. Si celles qui viennent de l’étranger acceptent de payer le double (800 euros), plus leurs frais d’hôtel et billets d’avion, c’est dire qu’elles savent ce que le Forum peut leur apporter. J’ai donc du mal à comprendre que l’entreprise qui est à Ouagadougou, qui ne paie pas d’hôtel et de billet d’avion, pense que 260 000 F CFA sont chers. Les relations qu’elle va avoir à ce Forum n’ont pas de prix parce qu’elles lui permettent de développer son entreprise. Je suis surpris que malgré toute la communication faite et les rencontres que nous avons organisées plusieurs mois avant le Forum, des entreprises nous appellent le jour du Forum pour dire qu’elles viennent d’apprendre que le Forum a débuté et qu’elles veulent y participer. Je lance donc un appel à nos entreprises pour qu’elles s’intéressent à ce Forum qui peut être un tremplin pour leur développement.

Comment avez-vous préparé les entreprises burkinabè qui se sont inscrites, à « affronter » les hommes d’affaires étrangers ?

Quelques jours avant la tenue du Forum, nous avons organisé à leur intention, comme à chaque édition, une réunion d’information et de sensibilisation. C’est l’occasion pour nous de leur expliquer comment se comporter devant leur vis-à-vis pendant les rencontres B to B. Nous évoquons également les termes qu’il faut bannir de leur langage, parce que certains, en face d’un Européen, disent par exemple : « Je souhaite que tu m’aides ». Pourtant, ce n’est pas l’action sociale qu’il a devant lui, mais plutôt un chef d’entreprise comme lui, qui est venu au Burkina Faso pour le rencontrer, travailler avec lui et se faire de l’argent. De même, nous leur disons d’avoir nécessairement des cartes de visite non plastifiées sur lesquelles ont peut faire des notations. Ce sont donc autant d’éléments que nous mettons à leur disposition pour leur permettre de tirer un bénéfice maximum du Forum.

Il a été décidé de l’organisation du Forum, les années paires au Burkina Faso et les années impaires dans l’un des pays de l’Afrique de l’Ouest. Qu’est-ce qui justifie cette décision ?

Il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’une décision nouvelle. A la création du Forum en 2010, les autorités de la Chambre de commerce avaient prévu que le Forum serait tournant dans la sous-région. C’est vrai que AFRICALLIA est une initiative du Burkina Faso, mais on estime que comme son nom l’indique, le Forum concerne toute l’Afrique de l’Ouest. L’idée pour nous est de faire en sorte qu’il puisse contribuer à l’intégration des économies de l’Afrique de l’Ouest. Après 5 éditions au Burkina Faso, le Forum est arrivé à maturité et on peut se permettre d’aller organiser d’autres éditions dans les pays de la sous-région. Mais je dois rassurer que la marque AFRICALLIA a été déposée par la Chambre de commerce du Burkina Faso et lui appartient. C’est dire que même si nous l’organisons dans d’autres pays, ce sera toujours avec la Chambre de commerce du Burkina Faso et selon nos conditions. C’est nous qui élaborons le cahier des charges et un pays qui souhaite organiser AFRICALLIA doit se conformer à ce cahier des charges. Il n’y donc pas d’inquiétudes à ce que ce forum nous échappe.

En organisant ainsi AFRICALLIA chaque année, ne craignez-vous pas que les entreprises et hommes d’affaires se lacent ?

Il n’y a aucune inquiétude à ce niveau parce que l’organisation du Forum est très utile. J’ai déjà quelques résultats probants de ce Forum. A titre d’exemple, une entreprise burkinabè a noué un contact avec une entreprise espagnole et elle a décidé de se déplacer en Espagne pour poursuivre les échanges avec son partenaire espagnol. L’entreprise paie même le voyage d’un interprète pour l’accompagner en Espagne. C’est donc dire que le Forum est très utile. On constate que de plus en plus, des entreprises tunisiennes viennent s’installer au Burkina Faso. Ces Tunisiens ont connu notre pays grâce à AFRICALLIA. Le fait que le Forum soit annuel permet surtout aux gens de faire un suivi des rencontres qu’ils ont eues lors des éditions précédentes. L’organisation annuelle va donc permettre de renforcer davantage les relations de partenariats créées entre entreprises.

Qu’est-ce qui justifie le choix de la Côte d’Ivoire comme premier pays d’accueil du Forum dans cette organisation tournante ?

Entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, les liens sont assez spéciaux. On travaille donc plus facilement avec la Chambre de commerce de la Côte d’Ivoire avec qui nous avons des liens assez étroits depuis de nombreuses années. Notre premier partenaire naturel, ne serait-ce que dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération (TAC), c’est la Côte d’Ivoire. Elle était donc le pays le mieux indiqué à abriter la première édition du Forum AFRICALLIA à l’étranger.

Avec le temps relativement court qui reste et pour une première édition à l’étranger, ne craignez-vous pas que le Forum ne soit pas aussi bien organisé que cette édition 2018 ?

Il n’y pas de risque puisque le Forum va s’organiser avec la Chambre de commerce du Burkina Faso. Nous allons apporter notre expertise à la Chambre de commerce de la Côte d’Ivoire pour que l’organisation du Forum soit aussi performante que celle que nous venons de faire. Certes, le temps est un peu court, mais nous allons très rapidement élaborer le cahier des charges et apporter à la Côte d’Ivoire notre expertise pour la réussite du Forum.

Interview réalisée par
Jean-Marie TOE
Sidwaya.bf



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