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Forum sur le Cajou Sahélien (FOCAS) : Discours de Monsieur le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.
24 juin 2018
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Je tiens à adresser la reconnaissance du Gouvernement burkinabè aux différents partenaires au développement pour leurs appuis constants pour faire de la filière anacarde, un véritable levier de développement économique et social. Au Burkina Faso, l’anacardier est présent sur tout le territoire national avec un rendement moyen estimé à 300-400 kg par hectare. La production nationale en 2017 était de 75 000 tonnes environ, selon les statistiques de l’Alliance du Cajou Africain (ACA). Malgré une capacité de transformation de la production nationale estimée à 33%, seulement 10% de la noix brute sont transformés, le reste étant exporté. Les recettes d’exportation étaient évaluées à 67 milliards de FCFA en 2016.

Avant tout propos,
Je voudrais au nom du Chef de l’Etat et du Gouvernement, adresser mes vifs remerciements à l’ensemble des acteurs de la filière anacarde des pays africains pour le choix porté sur notre pays, pour l’organisation de la première édition du Forum du cajou sahélien (FOCAS).

Ce forum, comme nous le savons tous, est une initiative du Comité Interprofessionnelle de l’Anacarde du Burkina Faso (CIA-B) en collaboration avec l’Alliance du Cajou Africain (ACA) soutenue par le Gouvernement et les partenaires techniques et financiers.

En le plaçant sous le patronage de son Excellence Monsieur Paul Kaba THIEBA, Premier Ministre, Chef du Gouvernement Burkinabè, et la coprésidence de mon collègue, le Ministre en charge de l’agriculture et moi, c’est une marque de considération qui est faite à notre pays par les organisateurs. Je vous en remercie car je reste convaincu que cela est également une reconnaissance des efforts faits par le gouvernement pour soutenir la filière anacarde et aussi et surtout une interpellation et une invite à accorder davantage de considération à la filière.

- Mesdames et Messieurs,
- Chers invités,

Le secteur agricole joue un rôle important dans l’économie nationale des pays africains et participe considérablement à la création de la richesse et de l’emploi. L’agriculture occupe une grande part de la population active de nos pays et lui procure des revenus monétaires à travers les cultures de rente que sont entre autres le coton, le sésame, le café, le cacao et l’anacarde.

Aussi, faut-il noté que l’anacarde est le produit agricole qui est commun aussi bien aux pays côtiers que sahéliens de l’Afrique. Les produits de l’anacarde sont très bien demandés sur les marchés au niveau africain et international. La filière crée particulièrement des emplois et génère des revenus pour les femmes et les jeunes sur toute la chaine de valeur, de la transformation à la commercialisation. Elle contribue aussi aux budgets des différents pays producteurs. Ce qui justifie l’engouement des acteurs et le soutien des Etats pour le développement de la filière.

- Mesdames et Messieurs,
- Chers invités,

L’Afrique produit plus de la moitié des noix brutes de cajou dans le monde et les pays ouest-africains demeurent le premier pourvoyeur avec environ 1,5 millions de tonnes de noix. Cependant, moins de 10% de cette production est transformée sur place, le reste étant exporté avec un manque à gagner pour nos pays.

Au Burkina Faso, l’anacardier est présent sur tout le territoire national avec un rendement moyen estimé à 300-400 kg par hectare. La production nationale en 2017 était de 75 000 tonnes environ, selon les statistiques de l’Alliance du Cajou Africain (ACA). Malgré une capacité de transformation de la production nationale estimée à 33%, seulement 10% de la noix brute sont transformés, le reste étant exporté. Les recettes d’exportation étaient évaluées à 67 milliards de FCFA en 2016.

- Mesdames et Messieurs,
- Chers invités,

La filière anacarde burkinabè est confrontée à une kyrielle de problèmes à tous les étages créant un manque à gagner considérable pour les acteurs et pour l’économie nationale en termes de revenus pour les uns et de recettes d’exportation et fiscales pour les autres. En outre, je suis certain que presque tous les pays représentés ici font face à des contraintes similaires, entravant le développement optimal de la filière et le plein épanouissement des acteurs. Vous conviendrez donc avec moi que pour faire face à ce manque à gagner, une attention particulière doit être accordée à la promotion de la transformation de la noix de cajou au niveau local, mais aussi à une augmentation conséquente des productions et de la productivité des vergers, gage de création de richesse et d’amélioration des revenus pour les producteurs.

Le FOCAS a pour objectif de faciliter le partage d’expériences entre pays Ouest-africains producteurs de noix de cajou et d’alimenter la réflexion sur les mesures à prendre pour mieux organiser et accompagner la filière au bénéfice de l’ensemble des acteurs. A cet effet, il traitera des sujets d’intérêts communs au développement de la filière anacarde des pays concernés que sont : le Benin, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali, le Sénégal, et bien entendu le Burkina Faso.
Aussi, tenant compte des défis majeurs et actuels de la filière, la première édition du forum a voulu mettre l’accent sur l’organisation du marché du cajou à travers le thème « Filière anacarde, quelles réformes pour un marché mieux organisé, dynamique et compétitif ».

Les acteurs de la filière anacarde du Burkina Faso, les services techniques des ministères en charge de l’agriculture, du commerce, de l’économie et de la sécurité confirmeront avec moi, la pertinence de ce thème. En effet, depuis 2015, ces acteurs sont en veille pour trouver des solutions aux dysfonctionnements du marché national de la noix brute du cajou ; dysfonctionnements qui ne permettent pas à la quinzaine d’unités de transformation d’assurer leur approvisionnement à même de pérenniser leurs activités et de préserver plus de 10 000 emplois dont près de 90% représentés par les femmes.

Le choix de la Côte d’Ivoire comme pays invité d’honneur à ce forum est justifié par son expérience dans la régulation du secteur et les mécanismes mis en place pour le développement de la filière. Sa délégation pourra enrichir les échanges et inspirer les autres pays pour des réformes à même de contribuer au développement de la filière. Aussi, du haut de cette tribune, voudrais-je les remercier d’avoir accepté l’invitation des acteurs burkinabè. Par la même occasion je voudrais également exprimer ma reconnaissance à toutes les délégations des pays ici présents pour leur présence et pour les expériences enrichissantes qu’elles voudront partager au cours de ce forum. Le peuple du Burkina Faso vous accueille avec joie et considération.

- Vaillants acteurs de la filière anacarde,
- Mesdames et Messieurs,
- Chers invités,

Je note avec satisfaction les résultats attendus de ce forum qui se résument :
- au développement d’une organisation forte et d’un esprit d’équipe au sein des différents maillons et dans la filière cajou de façon générale ;
- à l’établissement de l’état des lieux de la réglementation de la commercialisation de la noix brute de cajou dans les différents pays permettant de tirer les grands enseignements, de capitaliser et de prendre des mesures concrètes et harmonisées ;
- l’identification et l’examen des causes et conséquences des entraves à la transformation de la noix brute en Afrique de l’Ouest et la proposition de solutions à court, moyen et long terme ;
- l’établissement d’une feuille de route pour la mise en œuvre des actions et recommandations qui seront formulées.

Des panels seront animés par des personnes ressources sur les sujets et thématiques permettant d’atteindre les objectifs fixés à ce forum. Je voudrais vous exhorter à une participation attentive et active aux échanges à même d’aboutir à des propositions consensuelles de solutions pour le développement durable de la filière anacarde en Afrique.

Je puis vous rassurer du soutien indéfectible du Gouvernement au développement de cette filière conformément à l’axe 3 du Plan national de développement économique et social (PNDES) de Son Excellence Monsieur Rock Marc Christian KABORE, Président du Faso, Chef de l’Etat ; axe qui vise à dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois. Dans ce sens, en plus des mesures déjà prises en faveur de la filière dont l’opérationnalisation du prélèvement de la taxe à l’exportation de la noix, des réflexions sont en cours pour la création d’ici à fin décembre 2018, d’un Conseil national de l’anacarde.
Les recommandations et résolutions attendues de ce forum seront exploitées pour la bonne conduite des actions en cours sur la filière.

- Mesdames et Messieurs,
- Chers invités,

Avant de terminer mon propos, je tiens à adresser la reconnaissance du Gouvernement burkinabè aux différents partenaires au développement pour leurs appuis constants pour faire de la filière anacarde, un véritable levier de développement économique et social.

Mes remerciements s’adressent particulièrement à l’ensemble des structures qui, d’une manière ou d’une autre ont contribué à l’organisation de ce forum. Je cite sans être exhaustif, les différents sponsors, les projets et programmes ComCashew de la Coopération Germano-Burkinabè, le Cadre intégré renforcé, l’Organisation néerlandaise pour le développement (SNV), TreeAid, Self Help Africa, Fair Match Support, RONGEAD, etc.

Je vous exhorte par ailleurs à poursuivre la mutualisation de vos efforts et vos interventions en synergie pour le bonheur de nos vaillants acteurs de la filière.
Convaincu que nous avons tous intérêt au développement de la filière anacarde et partant celui de l’Afrique, j’ose espérer que les recommandations qui seront issues des travaux du forum permettront sans doute aux pays participant au FOCAS d’avoir un marché de la noix de cajou mieux organisé, dynamique et compétitif.

Sur ce, je souhaite plein succès aux travaux et déclare au nom de Son Excellence Monsieur Paul KABA, Premier Ministre du Burkina Faso, ouvert la première édition du Forum sur le cajou sahélien.

Je vous remercie !

Discours de Monsieur Harouna KABORE
Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.du Burkina Faso
au Forum sur le Cajou Sahélien (FOCAS),
les 21 et 22 juin 2018 au Centre Muraz de Bobo-Dioulasso



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