//10 secrets qui pourrissent la vie d’une entreprise8 min de lecture

10 secrets qui pourrissent la vie d’une entreprise8 min de lecture

En plus de ceux cités dans ce dossier, bien d’autres secrets peuvent perturber une ambiance sereine au sein d’une entreprise. Citons par exemple le cas d’une démission qui fuite avant son annonce, des réaffectations de locaux qui peuvent créer des tensions entre services, certains avantages dont bénéficie une partie de l’effectif, des informations personnelles qui n’ont pas vocation à être connues…

Une histoire de cœur entre collègues

“On ne mélange pas l’amour et le travail”, répète l’adage. Or, dans les faits, les entorses à cette maxime sont légion dans le monde du travail. “Habituellement très matinale comme moi, une collègue à qui je venais de remonter le moral n’était pas à son bureau à mon arrivée, témoigne Nathalie sur le Journal du Net. Je suis repartie par un chemin inhabituel et je l’ai trouvée dans les bras d’un collègue.”

La découverte de cette amourette naissante n’a pas porté à conséquence. Mais ce n’est pas toujours le cas. Un manager qui entretient une relation avec un membre de son équipe se met en porte-à-faux vis-à-vis des autres collègues. Il s’expose encore plus quand ces relations sont illégitimes. Romain, un autre lecteur du JDN, a découvert qu’une collègue était la maîtresse de son chef. “Je suis allé voir le directeur lui disant que si il ne me mettait pas mon salaire au même niveau qu’elle, sa femme serait au courant de cette histoire. Il n’a pas ri, mais a accepté.” Ambiance…

Le salaire devient public

Divulguer son salaire n’entre pas dans les habitudes des Français. Rares sont les entreprises dans lesquelles les rémunérations de chacun sont connues de tous. Le plus souvent, la direction garde ses informations confidentielles et les salariés rechignent à divulguer leur paie au grand jour. Et ils n’ont pas forcément tort.

Fabrice témoigne ainsi sur le Journal du Net qu’il a mis la main sur le salaire de son patron, “quatre fois plus élevé que le nôtre” alors qu’il le juge incompétent. Un autre lecteur, Romain, a fait la même découverte amère : “Ma collègue, travaillait bien moins d’heures, avec moins de responsabilités mais gagnait le double de moi.” Un sentiment d’injustice ou de jalousie peut alors se diffuser, minant la motivation. “J’étais dégoûté de faire des heures supplémentaires pour des miettes” indique Bruno.

Un licenciement mis à jour

Lorsqu’une entreprise souhaite se séparer d’un de ses collaborateurs, elle évite en général de le faire savoir à l’avance, afin de ne pas détériorer l’ambiance. Mais quand le salarié en question le découvre lui-même, l’affaire se complique. Travaillant de nuit, Bruno a ouvert un classeur oublié par un cadre de son entreprise. “J’ai eu la mauvaise surprise de découvrir une note me concernant. Dans celle-ci, il était indiqué que je devais dégager.” Il est compliqué d’utiliser juridiquement ce type d’informations obtenues de manière trouble. Mais les conséquences d’une telle découverte existent bel et bien. “J’étais en rage”, se souvient ce lecteur du Journal du Net.

Dans une autre entreprise, un document confidentiel faisant état d’un projet de licenciement individuel s’est malencontreusement retrouvé sur le réseau. Accessible à tous les salariés, il a été découvert par la personne concernée qui, du coup, est maintenue dans son poste.

Une réorganisation cachée

Michel travaille dans une entreprise implantée dans le monde entier. Un collègue étranger lui apprend que son site sera prochainement transféré dans un autre pays européen. “Il me faisait comprendre que, si je souhaitais saisir l’occasion de m’expatrier, je devais commencer à m’y préparer”, explique-t-il. L’information, plutôt positive pour sa carrière, comporte cependant une dimension particulièrement gênante. “Il m’a bien précisé que je ne devais en parler à personne et surtout pas à mon supérieur direct.”

Ce genre d’informations, si elles revêtent une importance capitales pour les salariés et si elles doivent restées longtemps secrètes, risquent fort de se transformer en fardeau pour ceux qui les détiennent. “Au quotidien, c’est très compliqué à gérer de ne pas pouvoir en parler à mes collègues et mon chef qui sont aussi concernés que moi”, confirme Michel.

Les élus du personnel réduits au silence

S’il est une position qui peut parfois se révéler inconfortable dans l’entreprise, c’est celle de représentant du personnel au comité d’entreprise. Certes, sa fonction en fait un salarié protégé du licenciement. Mais elle peut aussi lui imposer de garder le silence. Sur l’état des finances, les projets de l’entreprise, les menaces sur les salariés, les représentants du personnel peuvent avoir accès à des informations confidentielles et qui doivent le rester. Ils se retrouvent alors parfois soumis au devoir de réserve.

Il peut se révéler particulièrement difficile, lorsque l’on est supposé défendre l’intérêt des salariés, de ne pas pouvoir leurs communiquer certaines informations importantes qui les concernent. Une position qui peut mettre à mal la légitimité de ces élus aux yeux des salariés lorsque ceux-ci sentent que des données cruciales leur sont cachées.

Une démission collective en douce

Quand on se prépare à poser sa démission, on garde en général cela pour soi jusqu’à ce que l’information soit officielle, une situation qui suffit pour provoquer une légère gêne passagère. Mais quand toute une équipe s’apprête à quitter le navire alors que ceux qui restent ne sont au courant de rien, l’ambiance s’en ressent fortement.

“Avec plusieurs collègues, nous avons quitté notre employeurs pour rejoindre la même structure, se souvient Julien. Evidemment, nous ne pouvions prendre le risque d’en parler au travail où l’on devait garder l’information cachée.” Les démissions s’enchaînent mais personne ne doit lâcher le morceau. Une véritable ambiance de complot particulièrement malsaine. “Il était compliqué de projeter notre équipe dans l’avenir alors que la moitié d’entre nous savait pertinemment qu’elle n’existerait plus quelques mois plus tard.”

La liste en cours des victimes d’un plan social

Tout le monde le sait, un plan social se prépare et un certain nombre de salariés vont immanquablement être licenciés. Déjà qu’une mauvaise santé financière pèse généralement sur l’ambiance au sein des entreprises, l’attente de la décision couperet est particulièrement difficile à vivre. Car, avant que les décisions ne soient rendues publiques, rares sont ceux qui connaissent l’identité des malheureux élus.

Ces périodes se révèlent particulièrement délétères pour l’ambiance de l’entreprise. Qui sera licencié ? Qui restera ? Cette incertitude peut en particulier mettre à mal la motivation des équipes : pourquoi se démener dans son travail quand on risque d’apprendre que l’entreprise s’apprête à vous remercier ? Même si la listes des personnes licenciées doit répondre à certains critères objectifs (ancienneté, situation familiale…), personnes ne se sent, dans ces périodes, à l’abri d’un licenciement.

Les projets ultraconfidentiels

Et si les secrets les plus néfastes pour l’entreprise étaient ceux qui restaient… officiellement secrets. Quand certains projets doivent rester confidentiels, les personnes impliquées sont tenues de garder le silence, même devant les questions insistantes de leurs collègues. Si cela concerne le responsable de la sécurité, cela n’étonne personne. Mais dans la plupart des cas, cela suscite des interrogations.

“L’un de nos managers a travaillé secrètement pendant plusieurs mois sur un projet dont personne ne devait avoir connaissance, raconte Eve. Comme nous utilisons des agendas électroniques partagés, nous nous rendions compte que son activité n’était pas habituelle.” Pendant de longues semaines, chacun s’interrogeait sur la nature de son travail sans avoir de réponse. Jusqu’à ce que la direction annonce l’ouverture d’une filiale dans un pays étranger, dossier sur lequel le responsable en question avait la main.

L’opinion d’un supérieur sur un collègue

A cause d’une incompatibilité d’humeur, d’une insuffisance professionnelle ou d’un comportement inadapté, votre collègue est dans le collimateur de votre chef. Parce que vous êtes dans les petits papiers de ce dernier, vous êtes au courant, mais bien évidemment vous devez garder cela secret.

Pour vous, cette situation peut vite devenir particulièrement inconfortable, en particulier si vous vous entendez bien avec le collègue mal aimé par votre supérieur. Alors qu’il aurait tout intérêt à prendre conscience des difficultés qui le cernent, vous vous retrouvez contraint de ne pas l’en informer. Même s’il se doute de quelque chose, il vous faut endosser le rôle de naïf ignorant. Une position de plus en plus difficile à tenir, jusqu’à ce que votre supérieur en fasse publiquement état.

Des augmentations sur la place publique

Au-delà du seul montant des salaires, l’augmentation dont on bénéficie est en général une information que l’on se garde bien d’ébruiter, sauf pour s’en plaindre, bien évidemment. Dans une entité de Cap Gemini, un mail provenant des ressources humaines comportant le niveau de salaire des certains collaborateurs –accompagné des commentaires plus ou moins élogieux- a malencontreusement été envoyé à 300 destinataires, provoquant un tollé.

Il est vrai que ces revalorisations constituent un sujet sensible. Décidées par la hiérarchie, elles sont censées récompenser le travail fourni, les progrès réalisés ou les responsabilités acquises. Lorsque ces informations confidentielles deviennent publiques, le sentiment d’injustice peut rapidement faire surface jusqu’à miner la cohésion d’une équipe.

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