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Management au féminin : Comment manager et être appréciée ?6 min de lecture

Devenez une véritable “wonder manager” !

“Qu’il s’agisse de diriger des hommes ou des femmes, être appréciée par son équipe est parfois loin d’être simple. Voici quelques conseils pour être estimée par vos collaborateurs.”

Briller par ses compétences et être acceptée en tant que femme à la tête d’une équipe, n‘est pas toujours admis par certains hommes qui peuvent être jaloux de votre promotion. Si certains d’entre eux vous lancent des remarques machistes, faites-leur comprendre que de telles paroles sont inacceptables et qu’elles n’auraient même pas été formulées si vous étiez un homme.

Pour asseoir votre légitimité en tant que manager, vous devez connaître votre domaine de compétence sur le bout des doigts. Et si celui-ci vous est inconnu, autant dire que vous avez tout intérêt à le potasser afin d’en maîtriser les rouages. Au risque sinon que votre équipe vous apprenne votre métier.

Des critiques se font entendre ? Convoquez vos collaborateurs afin d’en savoir plus sur les points à améliorer. Ce qui différencie une femme manager, c’est son sens de l’écoute, sa sensibilité et sa capacité de remise en question. Utilisez vos atouts.

Pour instaurer un climat bienveillant, pourquoi ne pas mettre en place les pauses-café du lundi afin de motiver vos équipes en ce début de semaine ? Si vous le faites par obligation, vos collègues le sentiront et ce rituel sympathique se transformera en une corvée générale. Le seul mot d’ordre : authenticité.

Pensez également à féliciter régulièrement vos collaborateurs et à les encourager, et pas uniquement par mail. Enfin, si un peu de distance est parfois nécessaire, veillez à ne pas vous isoler. Vos collègues contribuent eux aussi à votre succès et à celui de l’entreprise.
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“Les pièges à éviter”

“Apprenez à débusquer les comportements néfastes à votre crédibilité pour privilégier ceux qui vous valorisent en tant que chef. “

Évitez autant que possible les “mes chéris”, “les enfants” qui sont d’une part ridicules mais qui en plus infantilisent vos collègues. Vous n’êtes pas leur mère mais bien leur boss.

Par ailleurs, évitez tout sentimentalisme ou de jouer sur l’affect des personnes. C’est usant pour vos collaborateurs qui en plus ne sont pas dupes. Au contraire, ne soyez pas trop distante. Cela pourrait créer des incompréhensions de la part de vos collègues qui peuvent penser à tort que vous ne vous investissez pas assez ou que vous vous désintéressez de tel projet.

Et puis, tout le monde ne place pas l’entreprise au centre de ses valeurs. Si une mère de famille souhaite quitter son poste pour aller chercher son bambin malade à la crèche, n’en faites pas une montagne et surtout, restez souple sur ces impératifs.

Admettez également que vos collègues ont une vie en dehors du boulot. Ils n’ont pas les mêmes responsabilités que vous, pas la même rémunération non plus. Si certains sont prêts à s’investir pour le travail, tous ne sont pas d’accord pour le faire. Inutile donc de caler des réunions à 19 heures le vendredi, vous vous feriez des ennemis.

Autre piège à éviter : ne vous mêler de rien. Certes, vous ne prenez aucun risque mais vous vous exposez à voir des conflits éclater au sein de votre équipe. Sachez faire preuve d’autorité quand il le faut et vous immiscez dans la vie de vos collègues lorsque des tensions internes affectent le travail.

Enfin, sachez qu’un management autoritaire n’est pas non plus la meilleure option. Inutile de menacer si vous ne pouvez pas exécuter vos menaces.

“Les femmes doutent de leur capacité à réussir”

“Valérie Rocoplan, directrice de Talentis, coach de dirigeants et auteur du livre “Oser être la chef” aux éditions Leduc.s a répondu à nos questions. “

Quels sont les freins à la progression d’une femme en entreprise ?
Le premier frein est l’image qu’ont les femmes de leur capacité à réussir et à prendre le pouvoir. Ensuite, ce sont toutes les croyances qu’elles portent sur elles-mêmes et sur la façon dont elles peuvent aborder certains postes. Par exemple, on dit qu’elles sont moins disponibles, qu’elles sont moins à l’aise avec les conflits… Ce sont des stéréotypes. Et puis, il y a tous les complexes, celui de la bonne fille par exemple : “je bosse bien donc tôt ou tard, ils reconnaîtront que je fais bien mon travail”. C’est complètement utopiste. Il existe aussi le complexe d’imposture : “je ne peux pas m’imposer sur ce poste car je n’en ai pas les compétences”. Et l’absence de volonté de rentrer dans le jeu.

Et les facteurs qui accélèrent une carrière ?
Il faut travailler sur ses complexes, apprendre à se vendre, savoir parler de ses réussites car souvent, la femme se retranche derrière son équipe. Il faut aussi développer un réseau professionnel efficace. Les femmes qui réussissent disent aussi avoir un contrat clair avec leur partenaire et expliciter qui fait quoi dans la vie familiale, la vie professionnelle.

Quels conseils donneriez-vous à nos lectrices ?
Ce que je trouve regrettable, c’est l’absence de modèle féminin. Il faut repérer les femmes de valeurs au sein de l’entreprise et aller les voir. Il faut rester connecté avec elles et leur demander de devenir un mentor. Cette personne est dans l’entreprise, elle connaît les codes, les règles, les erreurs à éviter et les choses à faire.
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“Il faut mettre une certaine distance”

“Véronique dirige une équipe depuis 5 ans dans le domaine des télécommunications. Elle a réussi à se faire une place au soleil avec sa volonté et sa détermination. “

“J’ai toujours voulu diriger une équipe. Ca été mon objectif pendant des années. Je voulais prendre la place d’un chef. J’ai donc travaillé dur pour en arriver là. Je n’ai pas compté mes heures, me suis beaucoup investie et cela a fini par payer, j’ai été promue responsable.

Quand je suis arrivée à ce poste, les gens me regardaient de travers, les hommes comme les femmes. Il a donc fallu que j’impose mon style afin de leur montrer de quoi j’étais capable.

A l’époque, je ressemblais à une gamine. J’ai donc travaillé mon look à l’aide d’un cabinet d’image et me suis perfectionnée à l’oral en suivant des cours de techniques vocales et d’expression scénique.

En voyant que je bossais beaucoup et que je maîtrisais parfaitement mon domaine d’activités, j’ai réussi à me faire respecter par certains collègues. Puis, pour convaincre les autres, j’ai cherché à être sympathique avec tout le monde. Jamais un mot de trop, un self-control total et surtout beaucoup de dialogue pour dénouer les tensions avant qu’elles n’arrivent.

Mais au bout d’un moment, j’ai senti que certains de mes collaborateurs voulaient devenir mes amis. J’ai donc commencé à mettre un peu de distance entre nous et c’est toujours comme ça depuis. Par exemple, je ne déjeune jamais avec eux, je ne vais jamais boire un verre en leur compagnie… Ca peut paraître froid mais c’est comme ça que je vois le travail. Il faut savoir faire la part des choses. Je pense qu’ils l’ont bien compris parce qu’aujourd’hui, je suis quand même appréciée par mon équipe.”

Par Caroline RABOURDIN | Plurielles.fr