//Comment rester motivé quand on travaille seul8 min de lecture

Comment rester motivé quand on travaille seul8 min de lecture

Rompre l’isolement

Sans collègue à proximité, les rencontres fortuites et les discussions informelles se font nécessairement plus rares. “En travaillant tout seul, on se retrouve rapidement en miroir avec soi-même”, confirme Nathalie Pélissier, qui réalise de chez elle des études de marché pour les laboratoires pharmaceutiques après avoir travaillé dans différentes entreprises du secteur. “Lorsque l’on traverse des moments difficiles, on ne peut pas en parler à la machine à café pour décompresser.” Et ce ne sont pas votre famille ou vos proches, dont le soutien est certes important, qui remplaceront vos collègues.

Provoquer des rencontres

Cet isolement peut rapidement miner le moral des indépendants qui ne bénéficient pas d’une attention bienveillantes de leur entourage professionnel. Eloigné des personnes avec qui ou pour qui il collabore, le travailleur solitaire se fait rapidement oublier. C’est donc à lui de prendre les devants pour éviter le face-à-face perpétuel avec son ordinateur. “Je m’impose au moins deux déjeuners par semaine avec des prospects, des anciens clients ou des anciens collègues”, témoigne Nathalie Pélissier.

Bien évidemment, si vous êtes basé à la campagne quand vos connaissances professionnelles travaillent à l’autre bout de la France, ces rendez-vous réguliers sont plus compliqués à mettre sur pied. Dans ce cas, n’hésitez pas à multiplier les contacts téléphoniques. Mais beaucoup ressentiront cependant le besoin de se déplacer pour discuter de vive voix avec leurs connaissances professionnelles. Ces rencontres font du bien au moral, mais aussi aux affaires : on traite souvent plus facilement avec les relations sur lesquelles on peut mettre un visage.

S’octroyer des moments de respiration

Pour tenir le coup, il est important de faire des pauses. C’est vrai avec ses collègues de bureau, ça l’est aussi pour les entrepreneurs solitaires ou les télétravailleurs isolés. Or, lorsqu’on travaille seul, on peut avoir tendance à négliger ces périodes de respiration pourtant indispensables.

“Lors des périodes plus calmes, je sors prendre l’air entre midi et 14 heures pour faire du sport, raconte Nathalie Pélissier. J’habite à côté de parcs où je pratique de la marche rapide.” De telles bouffées d’oxygène se révèlent particulièrement stimulantes pour la motivation et influent positivement sur le moral. Trouver des moments pour se vider la tête est d’autant plus facile que les personnes travaillant en solo bénéficient généralement d’une relative liberté dans l’organisation de leur emploi du temps. Quand un salarié coincé dans une tour peut trouver compliqué de prendre un moment pour aller courir, une personne qui travaille chez elle peut réussir à bloquer un moment pour se sortir la tête des dossiers.

Varier son activité

Pour éviter que la monotonie ne s’ajoute à la solitude, il est aussi possible de varier son quotidien professionnel. “Je donne des cours sur ma spécialité dans un MBA, confie Nathalie Pélissier. C’est une activité stimulante intellectuellement et agréable d’un point de vue relationnel.” De même, pour conserver une diversité dans votre quotidien, fixez-vous si possible des objectifs à court terme qui varient jour après jour.

Trouver son rythme

Pas de collègue, pas de chef, pas de pointeuse… Travailler en solo offre une vraie souplesse dans l’agencement de son emploi du temps. Pourtant, trouver un rythme auquel se conformer fait partie des difficultés récurrentes du travailleur solitaire. Car, à force de largesse sur son emploi du temps, on peut être conduit à perdre le goût de l’effort…

La frontière professionnel / personnel

Un travailleur solitaire doit résister à la tentation de commencer sa journée trop tard. Idéalement, il faudrait la débuter au même moment qu’un salarié, voire avant si l’on reste à domicile. “Tous les jours, je me mets au travail à 8 heures 30, confie Nathalie Pélissier. Et je ne m’installe jamais devant mon ordinateur en pyjama !” En effet, la séparation entre le temps de travail et le temps personnel est importante, tout comme la délimitation des espaces. Pour bien travailler, il vaut mieux une pièce fermée servant exclusivement de bureau qu’un canapé installé en face de la télévision ou d’une table dans la chambre des enfants.

Si, pour conserver leur motivation, certains doivent faire preuve de discipline pour se mettre au travail, d’autres rencontrent des difficultés à décrocher en fin de journée. “Il m’arrive de répondre à un mail professionnel très tard le soir, reconnait Nathalie Pélissier. C’est tentant lorsque l’ordinateur professionnel est à portée.” A terme, un tel déséquilibre peut pourtant nuire à vos capacités de travail et à votre motivation professionnelle. A trop penser au travail, on peut ne plus vouloir y penser du tout.

Se procurer des moments de satisfaction

Un projet rondement mené ? Une bonne affaire conclue ? Des objectifs atteints ? Un salarié qui mène son projet avec brio peut s’attendre à une gratification, qui peut aller des simples remerciements de son manager à une prime en monnaie sonnante et trébuchante. Lorsque l’on travaille seul, rien de tout cela n’est envisageable. Or, ces satisfactions nourrissent aussi la motivation.

Cet aspect du travail en solo doit bien évidemment être pris en compte avant même de se lancer : si un salarié est excessivement sensible aux félicitations de son chef, le mieux est peut être de rester près de lui. Mais rien n’empêche quelqu’un qui travaille seul de se ménager des moments d’auto-satisfaction. Une semaine de travail acharné couronnée de succès peut, par exemple, vous autoriser à prendre une journée off. Vous la savourerez à sa juste valeur.

Rester positif

Sans regard extérieur bienveillant, un indépendant ou un télétravailleur doit se rendre compte par lui-même de la qualité du travail fourni, ce qui est loin d’être évident. Il est plus simple de se faire féliciter. “Je réalise systématiquement des points à la fin de mes missions avec mes clients, explique Nathalie Pélissier. Quand les retours sont positifs, cela permet d’être plus serein pour l’avenir. Quant aux critiques, elles permettent de s’améliorer” Dans tous les cas, pour éviter de perdre sa motivation, le travailleur isolé doit trouver un moyen d’être fier de son travail.

Rester en contact avec son milieu professionnel

Chaque secteur d’activité est en perpétuelle évolution. Des innovations, des tendances et des actualités animent en permanence les différents univers professionnels. Certes, la presse, la télévision et Internet permettent de rester en phase avec les faits qui marquants. Mais sans collègues pour en discuter, le travailleur solitaire peut rapidement se retrouver écarté des thématiques qui agitent son microcosme.

Renforcer son réseau

“Au-delà des rencontres avec mes anciens collègues, je me déplace souvent sur les salons professionnels, explique Nathalie Pélissier. Je suis aussi en contact régulier avec les instituts d’études, mes partenaires dans mon métier, afin de connaître leurs nouveautés.” Ce n’est pas parce que vous travaillez seul que vous devez être coupé du monde.

Un autre moyen de renforcer le lien qui vous lie à votre univers professionnel passe par les clubs, cercles et autres associations professionnelles. Vous y trouverez des homologues, des confrères ou des concurrents dont la présence vous maintiendra dans le bain. En vous impliquant dans votre milieu professionnel, vous renforcez certes votre réseau professionnel, mais, surtout, vous restez ainsi connecté aux enjeux qui secouent votre petit monde. Se sentir dans le coup rehausse l’intérêt que l’on trouve dans son activité professionnelle.

Peaufiner son projet

Et si les difficultés que rencontrent certains travailleurs isolés provenaient d’un “défaut de conception” de leur projet ? Car, qu’on le veuille ou non, se lancer en indépendant ou en télétravailleur est un choix qui nécessite une solide réflexion en amont. Sans elle, gare aux difficultés qui émergent inévitablement. Et au découragement qui vient avec.

“Dès le départ, il faut avoir un projet aussi précis que possible sur ce qui constitue notre activité, explique Nathalie Pélissier. Il faut aussi être au clair avec ses motivations et ne pas décider de monter sa boîte parce que le visage de votre chef ne vous revient pas.” Préciser son projet, cela implique de clarifier les limites de son activité et de mettre en avant ses points forts. Une démarche vitale pour démarcher ses clients mais qui permet aussi de se fixer des objectifs crédibles et de ne pas s’éparpiller. Si ces limites ne sont pas posées, le travailleur solitaire peut rapidement se retrouver la tête sous l’eau, avec l’envie de tout envoyer balader.

Se concentrer sur les tâches stimulantes

C’est la réalité du travail quotidien qui permet de garder la pêche au fil des jours. Là encore, une profonde réflexion initiale permet d’éviter les écueils. Cela concerne par exemple le statut juridique pour lequel on opte. “Après avoir envisagé de créer une SAS, j’ai décidé d’utiliser le portage salarial, se souvient Nathalie Pélissier. Un choix qui me permet, entre autres, d’évacuer la partie administrative de mon quotidien et de me concentrer sur ce que j’aime.” Les choix initiaux exercent donc une influence considérable sur le moral des personnes qui travaillent en solo : pensez-y le plus tôt possible.

Réalisé par Fabien Renou, Journal du Net