//On fait quoi aujourd’hui ?3 min de lecture

On fait quoi aujourd’hui ?3 min de lecture

« Quand on apprend que l’on va se retrouver au chômage, trois pensées viennent à l’esprit dans les dix secondes qui suivent :

“Oh non, je vais retrouver ma conseillère antipathique et amidonnée de Pôle Emploi”,

“Oh non, je vais devoir faire face à ma belle mère et à son : Ah ça j’te l’avais bien dit qu’il y avait pas d’avenir dans ta branche !”,

et enfin la troisième, la pire : “Oh non, mais que vais-je bien pouvoir faire de mes journées ?”.

C’est malheureux à dire mais lorsque l’on travaille, les journées sont rythmées par notre emploi. Le réveil sonne parce qu’il faut aller bosser, on étend le linge avant de partir travailler et on fait la vaisselle en rentrant du boulot. On est habitué à ne gérer notre temps que le week-end, qui se retrouve rempli des choses que nous ne pouvons pas faire la semaine à cause du travail.

Remplir 2 jours avec les frustrations des 5 jours précédents est chose aisée. Mais remplir 7 jours sans frustration de temps derrière, c’est pas une mince affaire.

Au début, on se dit qu’enfin, on pourra faire le ménage à un moment plus opportun que le dimanche matin, et que si ça nous chante, on pourra même passer une deuxième couche pour que ça brille. Passé le sentiment agréable d’avoir un appart tout propre en permanence, on s’angoisse vite en se disant que l’on vient de penser au ménage comme première source d’occupation durant notre chômage.

On pourra se remettre au sport aussi. Avant on se cachait derrière notre emploi de femme active overbookée pour ne pas avoir à y aller. Là, on pourra enfin aller consommer le temps qui nous est alloué à la salle de sport pour laquelle on paie en vain depuis 6 mois.

Ce qui nous donne 4 heures de ménage + 3 heures de sport = 8 heures hebdomadaires occupées en comptant les trajets. Il nous reste encore un paquet de temps libre pour faire ce que l’on aime vraiment.

Ce que l’on aime vraiment ? Voyons donc … Non, là tout de suite comme ça à froid, ça ne saute pas aux yeux. Peut-être que ça viendra, car réfléchir, ça on sait bien faire. C’est d’ailleurs ce qui nous fait remonter toutes nos angoisses liées à notre temps libre, surtout lorsqu’on songe que l’on a développé aucun centre d’intérêt particulier ces derniers mois.

Alors c’est décidé, on va trouver une activité, un truc que l’on a toujours rêvé de faire : prendre des cours de cuisine ou s’inscrire à la salsa ? Ou même les deux tiens ! On pourra même se mettre à la poterie pour voir si ça nous plaît. Ce qui donne 3 heures de cours intensifs de salsa par semaine + 2 heures de cours de cuisine + 2 heures de poterie = 8 heures en comptant les bouchons.

Ca y est, on a trouvé de quoi s’occuper 2 jours soit l’équivalent d’un week-end. Il reste 3 autres jours à tuer avant le week-end, le vrai, celui qui sera occupé par les amis et la famille qui sera enfin disponible. 3 jours à remplir, mais que va-t-on bien pouvoir faire… ?

Ah, on me souffle à l’oreillette que l’on peut aussi chercher un emploi. Tiens c’est vrai ça, 3 jours en plus ça correspondrait plutôt bien au timing.

Et vous, comment gérez-vous ce nouveau temps libre ? »

ParCarole Tineo,

Source : Ma vie pro